lundi 31 décembre 2018

Pour bien finir l'année...




En cette fin d’année, souhaitons-nous...

  • De ne plus consulter les médias grand public qui ont failli à leur « devoir d’informer » en véhiculant cyniquement des informations anxiogènes, pour doper leurs ventes et leurs revenus publicitaires.
  • De boycotter les sollicitations d’achats inutiles qui ne servent qu’à acquérir des doudous pour diminuer l’angoisse d’un monde présenté comme mortifère. 
  • De cesser de croire que la fin du monde est pour demain, que l’espèce humaine va disparaître, que l’égoïsme est une fatalité génétique, que la compétition féroce est l’Alpha et l’Oméga de la vie.
  • De ne pas nous résigner à ce que des enfants puissent avoir faim et n’aient pas d’avenir.
  • De décider que le « social selling » est le pire des jurons et de refuser de  nous « vendre ».
  • De dire non aux fourches caudines des algorithmes et des robots-crétins qui prétendent décréter à notre place ce que nous devons ressentir, penser, aimer, choisir, acheter, voter…
  • De cesser d’être en permanence sous perfusion numérique.
  • De ne plus nous comporter comme des nourrissons gloutons, persuadés que la source de lait est inépuisable.
  • D’être fiers de ce qui le mérite : la sollicitude pour les proches, les voisins, les cabossés de la vie, le choix de dénoncer les comportements toxiques et de ne pas les reproduire, le refus de la servitude volontaire, le désir de contribuer à un monde plus juste où l’argent ne règnerait pas en maître absolu et ne serait pas une fin en soi.
  • De ne plus opposer liberté et équité…

Je nous souhaite une bonne fin d’année
avec plus d’humanité et de concorde pour celle qui vient.



lundi 10 décembre 2018

Lève la patte et puis s'en va...





Remue-méninges : blocages et impasses cognitives
(archives du blog)


Nous avons parfois l'impression, collectivement ou individuellement, de tourner en rond.
 Imaginons une expérience intéressante, inspirée d'une anecdote racontée par Agatha Christie dans « Rendez-vous à Bagdad ».

Prendre un coq. Tracer sur le sol une ligne à la craie. Maintenir fermement le bec du coq, pendant cinq minutes, sur cette ligne, puis le relâcher.

Le coq ne bougera pas et restera là, le bec fixé sur la ligne. On peut supposer (nous ne savons pas ce que cela fait d'être un coq) qu'il est persuadé d'être attaché par le bec à cette ligne et que, dans son univers, rien ne lui permet de croire qu'il puisse s'en éloigner.

Il semble que les soigneurs de coqs de combat aient trouvé cette méthode pour les obliger à se tenir tranquilles.

Bizarre, non ?
Pas tant que ça. 

Nous faisons exactement la même chose chaque fois que nous pensons ou disons : « Toujours », « jamais »
  • « Je serai toujours nul(le) en maths ».
  • « Je tombe toujours sur des personnes malveillantes ».
  • « Je ne pourrai jamais encadrer une équipe ».
  • « Je n'ai jamais eu de chance ». 
  • « On a toujours fait comme ça... »
  • « Les hommes se sont toujours fait la guerre ».
Vous pouvez certainement compléter la liste...

Mais il se trouve, par chance, que notre développement cognitif n'est pas celui du coq et que nous pouvons questionner nos croyances, les remettre en question et élargir notre espace de liberté.


Nous pouvons effacer les frontières tracées à la craie par nos soigneurs et lever le bec...


Joyeuses et chaleureuses fêtes à tous !




lundi 3 décembre 2018

Va laver ton bol...




 Le Tao et la conjonction des opposés


Tout le monde connait cette représentation du « Tao ». La langue chinoise étant polysémique, le Tao (ou Dao), en Chinois, signifie chemin, voie, mais aussi expliquer (ex-plicare), c’est-à-dire dé-plier, déployer, donc rendre ex-plicite, au contraire de ce qui est im-plicite, replié à l’intérieur.

Cette représentation  symbolise la dualité de la nature humaine : yin ou yang, noir ou blanc, ombre ou lumière, féminin ou masculin, réceptivité ou activité, chaque élément contenant l’autre en germe, replié, prêt à se déployer.

Jusque-là, pas de mystère, il suffit d’un peu d’introspection pour reconnaître le bien-fondé de ce symbole. Nous sommes tous ambivalents et notre subjectivité est beaucoup plus complexe qu’une représentation binaire.

Mais si nous oscillons très souvent entre des ressentis fluctuants, il est une évidence qui devrait nous sauter aux yeux.

Nous voyons bien l’opposition et l'alternance entre ces deux polarités, nous les reconnaissons en nous. Mais d’où, de quel point de vue, comprenons-nous clairement l’ensemble du processus vivant illustré par ce symbole ? De toute évidence, si nous sommes capables d’en appréhender la complexité dynamique globale, si nous comprenons (comprendre : prendre en soi) yin et yang, noir et blanc, ombre et lumière, féminin et masculin, nous sommes déjà au-delà de cette dualité binaire en opposition, nous la transcendons, nous l'avons dépassée sans même nous en apercevoir.

C’est peut-être là qu’est la clef du mystère et c’est cette vision qu’il nous faut expliquer, rendre explicite, déployer.

« Maître, enseigne-moi le Tao », disait le disciple à son maître.
« Tu as déjeuné ? »
« Oui. »
« À présent, va laver ton bol. »

Fin de non-recevoir. Si tu veux faire, de la voie, un objet à appréhender, à maîtriser et à nommer, reste dans le monde des objets, va laver ton bol...

Ce chemin à déployer, on ne peut pas l’enseigner, il n’y a pas d’efforts à faire pour le chercher, il est toujours déjà là, en toi, replié dans la trame même de ta conscience.

L'un disait : « JE SUIS » le chemin, la vérité, la vie .
Il disait aussi :  Avant qu'Abraham soit, « JE SUIS ».
L'autre disait : « Le Tao que l'on peut nommer n'est pas le Tao ».


Ils disaient la même chose.
« JE SUIS »  cette évidence immédiate et ce mystère qui se déploie...