mercredi 5 avril 2017

Le leadership, miroir aux alouettes ?



Remue-méninges : différencier les vrais et les faux leaders


"Développez votre leadership", "comment devenir un leader en six leçons" etc.  C’est le nouveau mantra, le "sésame ouvre-toi" de tous les succès.

L’idée sous-jacente à l'administration de toutes ces potions magiques est qu’avec un peu de travail et trois jours de formation, tout un chacun pourra devenir un leader. Au risque d'en donner l'illusion en appliquant les "trucs" du trickster, ce faux leader.

Tout d’abord, qu’est-ce qu’un leader ?

Un chef ?  Un meneur ?  Un entraîneur ?  Un booster d’énergie ? Un catalyseur de compétences ? Un visionnaire ? Un homme d’action ? Un influenceur ? Un innovateur ? Un facilitateur ? Un médiateur ? Un séducteur ? Un beau parleur ? Une figure d’autorité ?

On entend généralement le leadership comme la caractéristique d’une personne charismatique qui sait influencer, qui maîtrise la magie du verbe, qui entraîne l’adhésion à sa vision et la décision dans l’action, qui est capable de mobiliser les énergies et d’instaurer une synergie pour atteindre un objectif, qui a une idée claire des actions à entreprendre, qui soulève l’enthousiasme, qui suscite l'admiration ou l'estime.

Bref une personnalité saillante, associée à  la notion de pouvoir… (ou de puissance, ou d'autorité légitime, ce qui n’est pas la même chose).

On remarquera qu’il n’existe pas de traduction française pour ce concept, à part celle de "meneur", qui ne recouvre pas toutes les nuances du terme. Gandhi et Mandela étaient des leaders, Hitler aussi…


Qu’est-ce qu’un faux leader et comment le reconnaître ?

Le faux leader se reconnait à certaines particularités, qu'il est important d'identifier, pour ne pas se laisser subjuguer et manipuler.

Ce qui permet d'identifier un faux leader : 
  • La conviction de détenir la vérité, l’unique, la seule, sans l’ombre d’un doute. 
  • La certitude d’être entouré d’incompétents stupides.
  • Beaucoup d'énergie au service d'un égo surdimensionné, inflationniste et impérialiste, au centre de toutes ses pensées et actions. 
  • Le désir de se servir au lieu de servir, un individualisme exacerbé. 
  • L’ambition frénétique d’être admiré et de dominer qui prévaut sur l'attention à l'entourage. 
  • La vantardise infantile, sans remise en question et sans réflexion sur soi. 
  • Le besoin incoercible de s’écouter parler.
  • L’absence d’exemplarité. 
  • Une colonne vertébrale très souple, la fin justifiant tous les moyens. 
  • La manipulation perverse, à base de séduction et de disqualification.
  • Le mensonge décomplexé, qu'il nomme stratégie.

L’image positive d’un vrai leader s’obtient en inversant ces caractéristiques
  • Empathie, sympathie chaleureuse et authentique.
  • Ego solide, confiance en soi, mais respect des autres.
  • Autorité légitimée par le comportement et les actes. Exemplarité.
  • Capacité à mobiliser et à motiver en donnant des signes de reconnaissance. 
  • Aptitude à ne pas se laisser emporter par ses émotions.
  • Capacité à se remettre en question et à déléguer, mais aussi à décider.
  • Ambition et vision collective, sur le long terme.
  • Éthique forte, sens des responsabilités et respect des engagements. 
  • Exigence au moins aussi forte envers soi qu’envers le prochain.
  • Servir la collectivité en inclusion et non en exclusion, ne pas appartenir à un clan.
  • Valeurs humaines qui commandent les orientations mais qui n’aveuglent pas…

     

Repérer les faux leaders permet de ne pas se laisser entraîner à marcher, au pas cadencé, derrière un joueur de flûte au narcissisme triomphant.


 Question subsidiaire : 
Peut-on « devenir » un leader  ?



1 commentaire:

  1. "Ce qui permet d'identifier un faux leader"

    Ces caractéristiques s'appliquent, hélas, à de trop nombreux hommes et femmes politiques

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