mercredi 29 mars 2017

Des énormités invisibles






Remue-méninges : comment sceller soi-même les barreaux de sa prison


Un dialogue.

L'UN : « Je n'ai pas le choix. Je ne crois pas qu'on puisse changer, nous sommes programmés par nos gènes et notre ADN. »  

L'AUTRE : « Vous croyez que nos actes, nos choix et notre destin sont prédéterminés ? »

L'UN : « C'est évident ! »

L'AUTRE : « Il y a pourtant, de par le monde, des personnes qui croient au libre-arbitre alors que d'autres croient au déterminisme, non ? »

L'UN : « Ceux qui croient au libre-arbitre se trompent, c'est une illusion... »

L'AUTRE : « Donc, si je comprends bien votre point de vue, entre ces deux croyances, libre-arbitre ou prédétermination, vous choisissez, librement, d'être déterminé ? »

L'UN : .... (Silence radio et tempête sous un crâne.)



Un autre dialogue

L’UN : « C'est le cerveau humain, ses connexions neuronales électriques et ses neurotransmetteurs, qui produisent la pensée. » 

L’AUTRE : « Un peu comme le foie produit la bile ? »

L’UN : « Oui, exactement. »

L’AUTRE : « C'est donc votre cerveau qui produit la pensée que le cerveau produit la pensée ? »

L'UN : .... (Silence radio et tempête sous un crâne.)



L’Ouroboros,
image du serpent ou dragon qui se mord la queue,
 est le symbole des raisonnements paradoxaux
 qui créent des cercles vicieux,
 ces prisons conceptuelles que nous construisons nous-mêmes.




2 commentaires:

  1. Bonjour Monique,

    Cela n’est pas en lien direct avec votre billet, mais parmi les agacements divers dont je suis saisi en écoutant la radio ou en regardant la télévision, il en est un qui revient très souvent, d’ordre génétique. . « C’est dans notre ADN », « C’est l’ADN de l’entreprise », « C’est dans nos gènes ». Passons sur la bêtise de « l’ADN d’une entreprise ».

    Rappelons d’abord que l’on partage plus de 98% de notre ADN avec nos cousins, les grands singes. Loin de moi l’idée de dévaloriser nos cousins, mais quand on dit « C’est dans notre ADN », il y a toutes les chances pour qu’il soit aussi présent dans celui des chimpanzés, orang-outan ou autres bonobos. C’est plus un sentiment d’humilité que de fierté que j’en éprouve. D’autre part, après presque cinquante ans de purgatoire (*), l’épigénétique revient à la mode. Il est temps ! Je reprends la définition donnée par l’INSERM :
    « L'épigénétique correspond à l'étude des changements dans l'activité des gènes, n'impliquant pas de modification de la séquence d'ADN et pouvant être transmis lors des divisions cellulaires. Contrairement aux mutations qui affectent la séquence d'ADN, les modifications épigénétiques sont réversibles. » http://www.inserm.fr/thematiques/genetique-genomique-et-bioinformatique/dossiers-d-information/epigenetique

    Autrement dit, un ADN identique peut coder pour des protéines différentes

    (*) Dans une vie antérieure, (les années 70), tout jeune chercheur en embryologie, mon patron de l’époque, un grand nom de la Biologie du Développement, ne cessait de rappeler que l’épigénétique était aussi importante que la génétique.

    Bien amicalement,
    Xavier

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  2. Merci Xavier, pour votre commentaire. Je partage votre irritation au sujet du gimmick "c'est dans notre ADN". Je partage aussi votre avis sur l'épigénétique, qui n'a pas fini de nous étonner, en particulier sur le rôle que joue l'environnement, via les hormones maternelles, sur le développement de l'enfant à naître. Toutes ces idées reçues vont dans le sens d'une prétendue "programmation" génétique qui dédouanerait les humains de toute responsabilité, quant à leur comportement...

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