lundi 17 octobre 2016

Changer de lunettes (4) : malades et maladie



L’œil de la mouche : soigner la personne autant que la maladie...


Si vous êtes un jour entré dans un parcours médical exploratoire, vous avez peut-être été happé par cette spirale infernale : votre médecin généraliste vous adresse à un spécialiste, qui vous envoie chez un confrère encore plus spécialisé, qui demande l'avis d'un autre confrère ayant une autre spécialité, qui exige des examens complémentaires, etc...

Chacun d'eux détient la vérité en se focalisant sur le fonctionnement de l’organe dont il est l’expert, tout en oblitérant la personne du malade gênant qui n’est plus un individu unique (corps, psychisme et histoire de vie) mais l’équivalent d’un magasin de pièces détachées.

A force d’analyser chaque composante de la réalité pour la comprendre et la maîtriser, nous avons progressé dans le traitement des pathologies mais nous avons perdu de vue le lien entre toutes ces composantes. Nous avons ainsi perdu le sens de nos vies… et nous pourrons, un jour, mourir totalement guéris.


Thierry Janssen : l’homme qui soigne la perte de sens
 Son site :


Thierry Janssen, dans les années 1990, a tourné le dos à une brillante carrière de chirurgien car il a eu soudain une sorte d'épiphanie : il s'est retrouvé confronté à l'impossibilité absolue de persévérer dans la logique médicale à laquelle il avait été formé et il a tout abandonné pour suivre un autre chemin : soigner la personne entière et pas seulement la maladie.

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« Nous empruntons parfois de longs détours avant d’accepter certaines évidences remplies de bon sens. Et pour cause : de vieilles croyances nous empêchent d’envisager la réalité sous un angle neuf. Aveuglés par nos réponses toutes faites, nous sommes alors incapables de nous poser de nouvelles questions et, sans nous en rendre compte, nous vivons à la lumière de dogmes bien obscurs.

Songeons qu’au XVIIe siècle des philosophes comme John Locke affirmaient : « La négation de la nature est la voie du bonheur ». Curieux siècle des Lumières où l’homme s’attribua la mission d’influencer, de contrôler et de dominer la nature considérée comme une ennemie. Redoutable croyance qui, trois cents ans plus tard, nous incite encore à nier cette nature dont nous sommes constitués et dont nous faisons partie.

 C’est pourtant grâce à cette posture d'observateur « en dehors du monde » que la science occidentale a connu ses plus grands développements. Réduire la réalité à ses constituants les plus infimes a permis la description de nombreux mécanismes du vivant. Malheureusement, à force d’analyser les détails, le réductionnisme scientifique est privé de la vision globale nécessaire pour reconstituer l’ensemble du puzzle. « La vie ne réside pas dans les molécules mais dans les relations qui s’établissent entre elles », faisait remarquer Linus Pauling, lauréat des prix Nobel de chimie et de la paix. »

« Le tissu du vivant est fait de liens. Ce sont précisément ces liens que la science du XXIe siècle va devoir étudier si elle veut rester au service de la vie. »


Sur le même thème, le blog et les livres d'un médecin comme on en voudrait plus, 





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