lundi 3 octobre 2016

Changer de lunettes (2) : La presse, la pub, l'info...




L’œil de la mouche : la mode, les marques, la pub, les ventes...


La presse papier, qui vivait de la publicité, (plus de 20 milliards de recettes…) est en crise, c’est de notoriété publique. Pour maintenir le flux de cette manne malgré la désaffection des lecteurs qui privilégient Internet, les grands journaux ont choisi de diffuser gratuitement en ligne leurs numéros vendus en kiosque, tout en saturant les lecteurs de publicités intensives, afin d'optimiser l’expérience utilisateurs. (Entendez : la récolte de vos données et de vos historiques de navigation afin de vous pousser à acheter ce qui est censé vous intéresser.)

Comment tuer la poule aux œufs d'or ?
Les lecteurs, submergés de propositions intrusives qui les incitent à consommer des services ou des objets dont ils n’ont pas besoin, ont installé des bloqueurs de publicité : adieu la manne des annonceurs...

On pourrait se dire, naïvement, qu’un modèle économique qui ne fonctionne pas doit être remplacé par une approche plus pertinente (par exemple, soigner la qualité des articles, ce qui conduirait les lecteurs à s'abonner ou à accepter une dose raisonnable de publicité intelligente)au lieu d'opter pour l'indigence facile des faits divers, autres chiens écrasés, pipoleries et pâtée pour les chats.

Mais non.

Fidèles à une logique binaire, en tout ou rien, les directions des médias n'ont pas amélioré le contenu rédactionnel de leurs parutions mais ont choisi d'adopter une stratégie d’intimidation et de rétorsion. Si vous avez installé un bloqueur de publicités, vous verrez s’afficher sur votre écran des placards accusateurs et culpabilisants : « Big brother is watching you, nous savons tout ce que vous faites, honte à vous si vous bloquez la publicité, nous ne pourrons plus payer les journalistes » (ni les actionnaires... NDLR).

En vain. Les lecteurs fuient, les journalistes ne sont pas à la fête, les rangs des rédactions s’éclaircissent à vue d’œil et bien sûr, un cercle vicieux s'installe car la qualité de l'information s'en ressent.

En bout de course, non seulement les informations proposées sont inconsistantes mais de plus, les lecteurs sont sommés d'ingurgiter des publicités sans aucune valeur ajoutée car les produits affichés sont ina daptés, en dépit de la baguette magique des Data qui se contentent de nous proposer ce que nous avons regardé... sans l'acheter. 

Au bout du compte, la presse en ligne grand public est désertée et les internautes se tournent vers d'autres sources d'information. Ils peuvent trouver, à portée d’un clic, tout ce qu’ils souhaitent, s'ils savent chercher sur la toile (et ils savent le faire de mieux en mieux).

Quelques franc-tireurs cependant, ont compris qu'il est improductif de faire « plus de quelque chose » qui ne fonctionne pas, donc qu’il faut faire autre chose et ils le font en appliquant une règle d'or : pour recevoir de la valeur, il faut commencer par en donner.

Je diffuserai, pendant quelques semaines des liens que vous pourrez aussi partager autour de vous s'ils vous plaisent et auxquels vous pourrez ajouter les vôtres. Le principe de la tache d’huile est efficace.
(A toutes fins utiles, je précise que ce n'est pas de l'affiliation et que je n'y ai aucun intérêt personnel ou économique.) 
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Voici ma pilule d’optimisme quotidienne,
 Sophie Fontanel
La preuve qu'on peut informer autrement.


Elle est journaliste. Elle a créé, pour le magazine de mode Elle, le blog de Fonelle, qui a drainé tellement de lecteurs qu'elle a été promue rédactrice en chef du magazine. Elle en est partie car elle n'a pas pu entrer dans le moule de sujétion aux annonceurs, ce qui n'a rien d'étonnant. Elle a lancé, après son départ de Elle, un compte Instagram qui connait un énorme succès, elle écrit des billets sur la mode et de nombreux romans que ses fidèles lecteurs s'arrachent, elle fait des photos et elle « fait des choses ». Elle invente, elle tisse du lien, elle est vivante.

Sa devise pourrait être « Chaque nuage a sa bordure d'argent. ». Elle voit le beau partout : dans le regard des passants, dans le sourire d'un enfant ou celui d'un chat, dans les rides d'une vieille personne, dans un vêtement (pour elle, l'élégance est un savoir-être et un savoir-vivre qui n'exigent pas de dépenser des fortunes), dans un coucher de soleil ou dans la présence de ses 80000 fidèles, hommes et femmes, tous enthousiastes, avec lesquels elle noue des liens durables et chaleureux.

Légère et profonde, elle marie avec maestria le ciel et la terre. Sa vision des choses n'est ni de la naïveté, ni de l'optimisme béat. Elle n'est pas née avec une cuiller d'argent dans la bouche, sa vie n'a pas été dorée mais sa bienveillance, durement gagnée, l'a sauvée. Elle nous l'offre tous les jours avec son regard plein de drôlerie, de fantaisie, de générosité et de créativité. Elle ne vieillira jamais.  Sa dernière trouvaille : arrêter les teintures et laisser pousser, à 53 ans, sa magnifique crinière blanche  pour le plus grand plaisir de sa « horde » d'abonnés...

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« Et me voici top des "femmes de plus de 40 ans" qui font bouger internet. (...) Chaque fois qu'un truc comme ça arrive, je pense à la phrase d'une de mes collègues dans le magazine féminin où je bossais (mag adoré et collègue brillante, par ailleurs) qui me disait il y a 18 mois (5600 followers) : « Tu n'existes que par notre journal ». Elle si intelligente, elle n'avait pas vu arriver une nouvelle ère, où c'en serait fini du pognon des marques en échange de notre survie et de nos compromissions, une ère où les lecteurs allaient se venger de tous ces mensonges en cherchant d'autres modèles. Je gagne moins bien ma vie qu'avant, mais je participe à l'invention d'un nouveau media, et ça vaut de l'or. Et les lecteurs, leurs questions et mes réponses, c'est vous.
It means : aging is not a big deal. The big deal is staying new ».


Lisez ci-dessous une analyse, drôlatique et très intelligente.
 Adblock et la publicité


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