lundi 19 septembre 2016

Et si nous changions de lunettes ? (préambule)



Remue-méninges : compétition pathologique


Compétition et fascination de la gloire et du pouvoir : être et devenir un leader, un influenceur, une star... Être ou devenir le plus riche, celui ou celle qui a plus de 10000 « amis », qui est le premier ou la première au palmarès de la notoriété, celui ou celle qui écrase et élimine tous ses concurrents, qui est la plus belle ou le plus « sexy », celle qui est la plus en vue des icônes de mode, celui ou celle qui figure au top 10 des ventes de livres, de smartphone ou de n'importe quoi...

Aliénation : Il faut s’arrêter un moment sur cette course frénétique au classement : gloire, fortune et séduction, voilà la finalité à l’aune de laquelle on mesure, paraît-il, l’accomplissement d’une vie. 
Passer le plus clair de son temps à devenir le premier sur la liste des premiers, le regard fixé sur les statistiques de célébrité, de richesse, de beauté, jusqu’à en être hors de soi, cela s’appelle une pathologie et une aliénation. C’est sans doute un des plus grands travers de notre époque, la forme nouvelle et collective que prend aujourd’hui l’hystérie.

Le ressort de cette course frénétique et obsédante, c’est l’admiration fascinée pour un modèle. Elle est souvent flanquée de sa jumelle, l’envie dévorante, binôme fatal que René Girard a appelé la « rivalité mimétique », scénario dramatique qui finit toujours très mal, dans l'escalade de la violence… 

Avoir plus, posséder plus, toujours plus, vouloir vivre sous le regard évaluateur et admiratif de ses pairs ou de la foule pour exister, la quête est sans fin car la faim n’est jamais assouvie, il y aura toujours, quelque part, quelqu’un à dépasser et il faudra toujours lutter pour ne pas être dépassé. Cet objectif, c’est pourtant celui que les médias et les gourous de la réussite véhiculent jusqu’à saturation sur tous les canaux de communication.

L’imaginaire collectif  est engorgé par cette représentation binaire, en tout ou rien. Comparons-nous, battons-nous, remplissons notre existence de l’image magnétique de ceux qui ont « réussi » et soyons assurés de buter sur un modèle obstacle. Si la comparaison n’est pas à notre avantage, nous n’aurons que deux options : soit nous nous résignons à être un perdant, soit nous sommes prêts à tout pour arriver en tête de ce funeste classement et à « tuer » tous nos concurrents.

Revenir à la source : Cette image pathologique et omniprésente envahit tout l’espace social et personnel jusqu’à occulter ce qui donne du sens à une vie : trouver ce qui constitue, pour chacun d’entre nous un accomplissement et qui n’est pas forcément lié à la richesse, à la puissance et à la gloire...


Et si nous parlions d'accomplir le meilleur de nous-mêmes, au lieu de nous échiner à surpasser autrui ?


 Et si nous changions de lunettes ?
Ce sera le thème des prochains billets, avec des liens vers des sites qui proposent de vivre, travailler, communiquer, penser, enseigner, se soigner, consommer... autrement



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