lundi 13 juin 2016

Le pouvoir, la puissance et la gloire




L’œil de la mouche : le mythe de Babel…


Les tours que nous construisons, de plus en plus élevées, ont des précédents lointains, les ziggourats. La tour de Babel, la première, supposée avoir été érigée à Babylone après le déluge par les enfants de Noé, est la plus célèbre et s’inscrit dans un mythe auquel il serait utile de réfléchir aujourd’hui car les mythes sont souvent la projection d’expériences archétypales et symboliques, valables pour tous les temps et pour tous les hommes.

Babel, étymologiquement, signifie la porte de Dieu (Bab, la porte, El, le nom donné au créateur du monde).

Cette tour de Babel symbolise le désir de puissance et de gloire sans limites. Elle a été vouée à la destruction par El, qui voulait empêcher que les hommes parlent tous la même langue et se coalisent, unis dans l'ivresse de leur pouvoir, pour asservir la terre et les cieux.

Il entendait ainsi les limiter dans leur volonté d’hégémonie et les ramener, de leur orgueil expansionniste, à une réalité plus modeste : s’ils parlaient tous des langues différentes, leur énergie serait - croyait-il - canalisée par l’effort à faire pour se comprendre mutuellement ici, sur terre, au lieu d’ambitionner la conquête du ciel, de la puissance et de la gloire.

Il a dû, depuis, perdre un peu de ses illusions...

Le mythe de la tour de Babel est celui de l’orgueil démesuré, ancré dans  la quête sans fin de prouesses techniques et de compétitions économiques qui éloignent les hommes d’une difficile gageure : la compréhension mutuelle et le dialogue.


Après quoi courons-nous en tentant d’escalader les cieux, au propre et au figuré ?

Cette semaine, deux gros titres de presse, sur la même page :

**L'enfer sur terre est à Alep, pilonnée par les bombes
  (photos terribles à l'appui).

**Trois planètes potentiellement habitables ont été découvertes, selon la très sérieuse revue « Nature ».


Et si nous mettions, à rendre notre planète
 « potentiellement habitable »,
 la même énergie qu'à détruire la nature, les bêtes et les hommes ?

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