dimanche 1 mai 2016

Paroles d'ancêtres





L’œil de la mouche : à la recherche de nos racines


Savez-vous que vous avez neuf chances sur dix de descendre de Ramsès II ou de Charlemagne ? Que ce dernier ne savait ni lire ni écrire et qu’il ne parlait pas un mot de Français ? Connaissez-vous l’origine  d’expressions telles que « mener une vie de bâton de chaise », « coincer la bulle », ou encore « devoir une fière chandelle » ?

Jean Louis Beaucarnot, journaliste et généalogiste, enquête sur nos ancêtres, sur l’origine de nos noms de famille et sur ces expressions qui nous sont si familières.

Un extrait

La semaine des quatre jeudis et ses balthazars
« Cette semaine ne sert plus aujourd'hui qu'à évoquer un terme qui n'échoira jamais. Elle rejoint le « temps où les poules auront des dents », celui où « tout le monde sera content », ou encore les fameuses « calendes grecques » qui n'arriveront jamais elles non plus, puisque les calendes, qui correspondaient chez les Romains aux premiers jours de chaque mois, étaient parfaitement ignorées des Grecs.

Mais pourquoi des jeudis ? Et pourquoi quatre ?
On pense, bien sûr, à l'ancien calendrier scolaire, donnant le jeudi pour jour de congé aux écoliers et au rêve que pouvait représenter pour ceux-ci une semaine qui en aurait quatre. 

Pourtant, l'expression est beaucoup plus ancienne, même si au XVIe siècle les jeudis n'étaient que trois et même si, au moyen-âge, on ne parlait que de semaine des deux jeudis. 
Le jeudi, alors, était traditionnellement un jour gras, un jour très gras, puisque placé entre deux jours de jeûne absolu imposés par l’Église, le vendredi, déclaré maigre en commémoration de celui où le Christ était mort sur la croix et le mercredi, qui l'était également car c'était celui où Judas l'avait vendu.
Coincé entre ces deux journées de privations, le jeudi était rapidement devenu jour de bombance, de quoi faire rêver nos ancêtres, si souvent mal nourris, à des semaines qui en auraient compté plusieurs.

N'oublions pas, cependant, que ces ancêtres, si souvent réduits à des régimes amaigrissants forcés, ne manquaient aucune occasion de bâfrer. On se souvient des menus pantagruéliques de nos grand-parents, capables de réunir des dizaines de plats. Un des plus longs fut celui offert sur le Champ-de-Mars par le président Loubet, le 14 juillet 1900, aux 20777 maires ayant répondu à son invitation pour fêter le millénaire, un véritable « balthazar » comme on disait volontiers au temps de la famille Fenouillard, en référence au nom du dernier roi de Babylone qui aurait été tué après une orgie.

En 1910, le menu d'un mariage bourgeois donne pour le déjeuner :


Hors d’œuvre
Bouquet de Cherbourg
Turbot sauce Joinville
Filet de bœuf Périgueux
Salmis de bécasses
Aspics de foie gras
Asperges sauce mousseline
Poularde du Mans truffée
Entremets
Glace moscovite
Petits fours
Corbeille de fruits. »
.......

Ouf ! Et ce n'était que le déjeuner, le diner comptait onze plats...  

Qui étaient nos ancêtres ? Jean-Louis Beaucarnot. J’ai lu.


Un vrai plaisir : un livre amusant, vivant, truffé de découvertes puisées dans des archives.


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