lundi 15 février 2016

Le progrès et ses limites





Développer son esprit critique, compétence essentielle...

L’ingénu en Gaule : Dieu ! Quel progrès !

Au nom de Dieu et de la Vérité, nous commettons allègrement un certain nombre d'atrocités, depuis que nous, les hommes, nous nous tenons debout.

Au nom de la déesse Raison et de la Vérité, depuis le siècle des Lumières, nous nous employons à biffer le nom de Dieu pour arrêter ces atrocités.

État des lieux :
La nature, paraît-il, a horreur du vide.

Après avoir biffé la Cause première,
nous avons mis le hasard à la place de Dieu.

Nous avons mis les mathématiques à la place de Dieu.

Nous avons mis les sciences exactes, objectives, à la place de Dieu.

Nous avons mis le néant d'avant le Big-Bang, celui du point zéro, à la place de Dieu. 
Comme le néant est une notion un peu gênante (dès lors qu'on le nomme, ce n'est plus le néant), nous avons décrété qu'il n’existait pas et nous avons marié un océan de virtualités hypothétiques à la "particule de Dieu", le boson de Higgs.

 Nous avons mis les quatre forces fondamentales de l'univers à la place de Dieu. 

Nous avons mis notre génome à la place de Dieu.

Nous avons mis les signaux électriques de notre cerveau et de nos neurones à la place de Dieu.

Nous avons mis le numérique et les algorithmes à la place de Dieu.

Nous avons mis les statistiques économiques à la place de Dieu.

Nous avons mis la main invisible des marchés et le trading à haute fréquence à la place de Dieu.


Chemin faisant, tout en biffant, nous avons occupé la place vacante du Dieu que nous avons banni et c'est en notre nom que nous trucidons, écrabouillons et piétinons joyeusement nos semblables.

C'est un progrès...

3 commentaires:

  1. Une belle prose, un terrible constat ... promothéen en somme ...
    Merci Monique pour ce beau billet ... accablant toutefois.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Merci pour votre commentaire. Oui, le constat pourrait être accablant mais pourtant, je ne suis pas pessimiste : je pense que les changements commencent par la prise de conscience des idéologies implicites qui sous-tendent nos orientations, individuelles et collectives... Je vois cette prise de conscience émerger, elle est encore dispersée mais la cristallisation se fait. Faisons confiance à la vie !

      Supprimer
    2. Etonnant, non ? avez-vous entendu parler des guerres qui nous agitent au nom de Dieu et de ses séides divers et variés ? Spectacle permanent .......
      GG

      Supprimer