lundi 27 juillet 2015

Changement d'époque, changement d'activité...




Au revoir et à bientôt.


Le bilan de compétences, c’est fini…

Il ne faut pas se cacher derrière son petit doigt, il faut l’écouter, ce petit doigt.

Mon petit doigt me dit que ce champ d’activité va très rapidement se réduire comme peau de chagrin. Ce qui me chagrine, évidemment.

Je ne vais pas m'étendre ici sur les causes et les conséquences catastrophiques de la réforme en cours, d'autres le font très bien.
Mon propos est le suivant : depuis plus de vingt ans que je m’emploie à accompagner des personnes en recherche de poste, en reconversion ou en évolution professionnelle, j’ai constaté à quel point les salariés sont démunis lorsqu’il leur faut élaborer un projet viable, parler d’eux, argumenter ce projet et convaincre.

La raison en est simple : nulle part ils ne sont préparés à réfléchir sur ce qu’ils sont, ce qui les caractérise, ce qui les différencie, sur leurs lignes de force, les raisons de leurs choix, leurs moteurs. Pendant leurs études, ils acquièrent des connaissances sur le monde, mais jamais sur eux-mêmes ou sur leurs compétences distinctives. Ensuite, au travail, happés par leur activité, ils n'ont pas le temps de mener cette réflexion et ils ne savent pas comment la conduire.

Cette réflexion, c'est ce que permet justement, entre autres, le bilan de compétences. Entre autres, car il ne s’arrête pas là, il jette un pont entre la perception implicite de soi et le mode de fonctionnement explicite de la socialisation professionnelle : choix d’un secteur et d’une activité qui offre des débouchés et qui corresponde à une appétence et à des capacités personnelles, formations éventuelles et stratégie d'exploration et d'action en interne ou en externe. C’est cette conjonction, au carrefour de l’identité personnelle et collective qui assure une vie professionnelle enrichissante et qui évite les impasses.

Pour des raisons financières et politiques, l'accompagnement qu’offrait le bilan de compétences - avec succès si j’en juge d’après le parcours des milliers de personnes que nous avons accompagnées dans cette exploration - est en voie de disparition. Il sera réduit en temps, réservé à certaines catégories de salariés, subordonné au Conseil en Évolution Professionnelle, qui n'a ni la méthodologie, ni les outils, ni le temps nécessaire pour assurer une prestation de qualité.

Je pourrais m’occuper de moi, me réjouir de planter mon jardin et cultiver mes propres champs d’intérêt, qui sont nombreux et variés.

Mais non, bien sûr… J’ai besoin de semer, planter et faire pousser bien plus que du basilic et des freesias. Un de mes plus forts moteurs, la seule certitude que j'aie, c'est que la vie se déploie et s'invente sans cesse.

Je pressens depuis plus d'un an la direction que prend la réforme de la formation. Elle est présentée comme un progrès mais sans les moyens de la financer, elle restera un vœu pieux (ou, pour le dire crûment, un moyen de voler Pierre pour payer Paul). Je n'ai pas le goût des batailles perdues d'avance, j'ai donc réfléchi à une autre manière d'être utile.

C'est le moment d'appliquer moi-même ce que je préconise : sortir du cadre, penser autrement et appliquer la stratégie du dauphin.

"L'homme de bien est celui qui ne prône pas ce qu'il faut faire, tant qu'il n'a pas fait ce qu'il prône". (Confucius)

Un projet est en cours, qui va prendre un peu de temps et qui vise à pallier les difficultés que rencontreront ceux qui n'auront plus accès à un accompagnement de qualité dans leur évolution professionnelle. Il s'adressera aux salariés (ou non), jeunes ou séniors, enseignants et formateurs, employés ou managers. Il sera facile d'accès pour tous.

En attendant, le blog continue : partage de réflexions sur le travail,  sur l'évolution professionnelle, sur les transformations sociales et sociétales, échange d’expériences, prospective métiers, témoignages, veille et billets d’humeur…

"Parlez-moi de vous" est né, pour le plaisir, il y a trois ans.

Plus de 138 000 pages vues à ce jour, je n’en espérais pas tant...

Merci à vous tous qui le lisez et le suivez.

Pour mémoire :

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