lundi 12 janvier 2015

Un beau dimanche



L’œil de la mouche : ce qui nous rapproche, ce qui nous divise.


Hier, enfin ! Du plus profond d'un noir désespoir, sans avertir, quelque chose d'extraordinaire s'est produit : un symbole a pris corps, il a cristallisé des millions de "Oui à la vie, à la liberté et à la fraternité". Il est né à nouveau, de ses cendres, place de la République et place de la Nation, près de la place de la Bastille... Merci Charlie.

"En Grèce, un symbole était au sens propre et originel un tesson de poterie cassé en deux morceaux et partagé entre deux contractants. Pour liquider le contrat, il fallait faire la preuve de sa qualité de contractant en rapprochant les deux morceaux qui devaient s'emboîter parfaitement. Le "sumbolon" était constitué des deux morceaux d'un objet brisé, de sorte que leur réunion, par un assemblage parfait, constituait une preuve de leur origine commune et donc un signe de reconnaissance très sûr."
(…)
"L'antonyme littéral du "symbolique" est le "diabolique", ce qui divise (du Grec diaballein, de dia- à travers, et -ballein jeter, jeter à travers, c'est-à-dire diviser, disperser, par extension rendre confus). Le diabolique est au sens propre, pour les Grecs, le bâton qui semble rompu lorsqu'il est plongé dans l'eau. Au sens figuré, c'est l'apparence trompeuse. Ce qui est trompeur, fait croire à la cassure et relève de l'illusion des sens, est de l'ordre du diabolique. Ce qui rapproche, reconstitue l'unité ou la totalité originelle en dévoilant du sens est de l'ordre du symbolique." Wikipedia


Ce qui ne parvient pas à être symbolisé divise et se traduit par de la violence mortifère, contre les autres ou contre soi.

Le mouvement spontané qui nous a rassemblés par millions en ces jours d'horreur, au-delà de nos différences et des frontières, signe notre appartenance symbolique à notre commune humanité.

Cet élan digne et silencieux répond à la valeur essentielle qui nous relie et qui fonde toutes les autres, avant même d'être déclinée en marche républicaine ou en appel à la liberté d'expression. 
  
Ne faisons pas de contresens, évitons les récupérations idéologiques et partisanes, de quelque bord qu'elles soient.

Les "lumières" se sont rallumées, ne les laissons pas s'éteindre.
 
On peut tuer des hommes, on ne peut ni museler, ni assassiner un symbole. 

Pas celui-là.

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