lundi 1 décembre 2014

Le syndrome du Titanic.



Remue-méninges : demain, autrement. 

Les périodes de changement brusque et de mutation, comme celle que nous vivons, génèrent des réactions faisant appel à ce qu’il y a de pire - et aussi de meilleur - dans l’être humain, comme le savent tous ceux qui ont vécu, de l'intérieur, les derniers mois d'une entreprise.

Le pire : chacun pour soi, l’autre est l'ennemi et tous les coups sont permis pour sauver sa peau, "si je ne tue pas, je serai tué"...
Le meilleur : coopérer et s’entraider pour inventer ensemble des solutions et des issues, conjuguer "avec" et non pas "contre".

Nous voyons le pire à l’œuvre aujourd’hui :
  • Des milliardaires gavés amassant des tas d'or qu'ils ne savent plus comment dépenser.
  • Des grands groupes et des banques qui se mettent au chaud dans les paradis fiscaux en refusant leur contribution au pays qui les enrichit.
  • Certains "Padroni" qui abritent leur avenir - mais pas celui de leur entreprise - sous des parasols et des chapeaux dorés.
  • La finance dérégulée qui engrange des bénéfices insensés en spéculant sur les monnaies.
  • La corruption à tous les étages.
  • L'exploitation intensive de l'environnement transformé en poubelle par nos déchets.
  • La liste pourrait être beaucoup plus longue…

Mais nous voyons aussi émerger :
  • La prise de conscience responsable de l'intelligence collective.
  • La participation, avec la montée en puissance de l’économie sociale et solidaire.
  • Les AMAP.
  • Le microcrédit. 
  • Les Scop. 
  • Le "coworking". (Le travail collaboratif)
  • Les réseaux qui se mettent en place pour créer des synergies. 
  • Le "crowdfunding". (Le financement participatif) et  la consommation collaborative.
  • Quelques milliardaires américains, et non des moindres, (Bill Gates, Warren Buffet) qui lèguent leur fortune à la collectivité...
Voici un site et une cartographie intéressante de ces initiatives, pour l'instant éparses, mais qui prennent corps et sens :
Le site :  e-pollen
La newsletter :  http://e-pollen.fr/newsletter/newsletter_002

La théorie de Thomas Khun sur les révolutions scientifiques peut s’appliquer également au changement de notre modèle de société. Le paradigme en place, né de la révolution industrielle, l’injonction de Guizot "enrichissez-vous" et le pillage frénétique des ressources semblent avoir fait leur temps.

"Lorsqu'un paradigme, modèle de pensée scientifique, est mis à mal par des échecs répétés tant dans le domaine expérimental que théorique, de nouvelles idées nécessairement "révolutionnaires" émergent. Elles aboutiront éventuellement à la mise en forme d'un nouveau cadre de pensée scientifique, à la création de nouveaux outils."

Les paradigmes dominants sont toujours attaqués aux marges, d’abord par des initiatives qui pointent les failles du modèle faisant consensus, puis par une cristallisation et la montée en puissance d’une nouveau modèle.

Nous en sommes sans doute là. La vague industrielle a montré ses limites  -  malgré l'extraordinaire confort de vie qu'elle a généré dans les pays occidentaux  -  en allant jusqu'au bout de sa logique  : compétition féroce, recherche de rentabilité maximum et immédiate, croissance échevelée à tout prix et à court terme, culte du "toujours plus, tout de suite", prééminence donnée à l’économique et à la richesse comme étalon de la réussite, darwinisme social, effacement de l’humain subordonné aux chiffres, montée des individualismes et effondrement de toute éthique collective…

Mais en contrepoint, émerge un autre modèle, refusant le consumérisme boulimique, se préoccupant de l’avenir de la planète et de l'héritage que récolteront ceux à qui nous lèguerons le fruit de nos actes, refus d'un comportement de prédateur, prise de conscience de l'écart dangereux qui grandit entre les plus riches et les autres (voir le succès surprenant, aux États-Unis, du dernier ouvrage de Thomas Piketty, le capital au XXIème siècle), remise en question du dogme de la croissance à l'infini, nouvel "humanisme"... 

Le paradigme dominant oppose une vive résistance en tentant de maîtriser et d'encadrer ces tendances émergentes et des critiques dénoncent la récupération de ces mouvements par la logique financière (Airbnb, Blablacar). Mais, tout comme Internet, impossible à contrôler totalement, cette aspiration prend de l'ampleur, car elle correspond à un besoin vital.

Si vous êtes lycéen,  étudiant, jeune diplômé, ou si vous envisagez une évolution professionnelle,  pariez sur ces tendances en germe. Le modèle de société aujourd'hui prégnant pourrait bien s'effondrer rapidement, miné de l'intérieur par le non-sens, comme le mur de Berlin dont personne n'avait prévu la disparition soudaine.

Nous sommes assis sur un volcan : des milliards de milliards de dettes, (gigantesque pyramide de Ponzi) impossibles à rembourser. Le système perdure, dans une course en avant aveugle, avec l'entente systémique de toutes les parties prenantes. Mais il suffirait pour que tout s'écroule que, quelque part, un papillon batte des ailes.

Nous nous trouvons aujourd’hui à un carrefour. Les orientations que nous prendrons dans les années à venir pourraient bien être déterminantes pour l’avenir de l’espèce humaine.


Nous avons encore le choix, mais peu de temps pour faire ces choix…

Rétrospective et prospective : les phares

Hier, aujourd'hui et demain...

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