lundi 7 juillet 2014

La vie obstinée



Remue-méninges : pourquoi  j’alimente ce blog.

J’ai une conviction ancrée dans des années d'accompagnement en formation initiale et continue, dans la rencontre de milliers de personnes qui se cherchaient, dans une réflexion incessante sur ce qui permet  - ou non - de tendre vers un sentiment d'accomplissement :
  • Je n’adhère pas au crédo du « tout génétique » programmé, ni à celui des scénarios de déterminisme et de destins tracés d'avance.
  • Chacun a en lui une force de réalisation qui veut obstinément s’exprimer, comme une plante "veut" sortir de terre. Quand cette force en est empêchée, la dépression ou la somatisation s’installent, tout comme la plante pousse de travers, bonsaï naturel, si elle ne peut aller vers la lumière.
  • Dans ce roman qu'est chaque vie, l'avenir n’est pas écrit. La vie est création permanente, elle s’invente, tout au long de l’histoire de chacun.
  • Le chemin est parfois barré et la source obstruée. Mais le plus souvent, sauf accident grave, ce qui empêche l'expression de ce désir de réalisation de soi, ce sont les croyances et les représentations.

J’ai croisé la route de quantité de personnes qui souffraient dans leur travail : un chanteur de Rap bouddhiste qui ne trouvait pas de public, une aventurière sac au dos qui voulait le poser quelque part mais ne savait ni où ni comment, des ambitieux aux dents longues terrassés par un burnout, des "petites mains" engluées dans la routine, des polytechniciens allergiques au management, des assistantes de direction Bac +5 et trilingues cantonnées dans cette activité, faute de mieux, des journalistes pleins d'amertume sur les dérives de leur métier, des cadres de 50 ans licenciés qui ne se voyaient plus d'avenir, un Président Directeur Général de grand groupe réduit à vendre des nappes sur les marchés...

Et j’ai pu constater qu’une démarche de réflexion et de dialogue "socratique" pouvait venir à bout de leurs difficultés à être et à devenir.

Je voudrais, en écrivant ces billets, transmettre cette conviction et peut-être semer quelques graines qui fleuriront. Il faut peu de choses, parfois, pour ouvrir des portes : un pas de côté, une autre façon de réfléchir ou de ressentir, un regard bienveillant sur soi-même.

La période que nous vivons est à la fois difficile et foisonnante de possibilités. Mais pour saisir ces opportunités,  les vieilles recettes ne fonctionnent plus. Il nous faut impérativement penser autrement.

Aujourd’hui, je souhaite me donner le temps de mettre en forme et en mots ce que j’ai vu, appris et compris de toutes ces rencontres et le partager largement. C'est la raison d'être de ce blog.

Il est le fruit de mon expérience et, tout autant, de l'expérience de ceux qui ne croyaient plus en eux, qui ont réussi à sortir d'une impasse et qui m'ont enrichie de leur histoire de vie et de leurs talents.  

Merci à eux.

3 commentaires:

  1. Je partage un bon nombre de vos convictions tout en sachant que mon lieu d'observation, une université en tant que responsable de formation à une année charnière, me conduit à rencontrer beaucoup de jeunes qui n'ont pas encore trouvé leur chemin (mais cherchent), quelques individualités fantastiques mais qu'il faut parfois écouter....et rassurer, quelques individualités qui construisent leur échec à coup de maladresses et de désinvolture mais qu'on arrive parfois à convaincre. Et pour un étudiant qui enlève ses diamants aux oreilles (après trois échecs à des entretiens avec des recruteurs), on se dit que tout ses mails, ses échanges, ses conseils parfois criés dans le désert de leur jeunesse (parce que nous, on n'est que des profs, on ne connaît pas la "vraie"vie), sont parfois quand même entendus.
    Bon courage pour alimenter ce blog sur lequel je ne manquerai pas de revenir

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  2. Merci pour ce commentaire qui me touche beaucoup. Je crois à la vertu de la tache d'huile : elle finit toujours par s'étendre.
    Il m'arrive de me sentir un peu à contre-courant de cette époque, très dure pour les salariés actuels et à venir. Je suis toujours très heureuse de rencontrer des personnes qui font le même travail que moi, avec la conviction que la fatalité n'existe pas.
    A une prochaine fois...

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  3. Bonjour,
    Merci pour cette petite bouffée d'optimisme...
    Plus je lis, plus j'écoute, plus je capitalise d'informations sur ce sujet, et plus je crois effectivement nous devons commencer à réfléchir autrement sur l'éducation et l'enseignement afin que chacun puisse aller à la rencontre de lui-même...
    Je pense également qu'il n'est jamais trop tard pour trouver sa voie, si tant est que l'on s'autorise à s'écouter et à penser hors des cadres inscrits en nous par l'éducation...
    J'aime l'idée du pas de côté, elle implique l'accueil possible d'autres possibles... d'autres schémas, l'ouverture...
    continuez je reviendrai vous lire avec plaisir
    Pascale

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