lundi 17 février 2014

Victime consentante...

Remue-méninges : « Je n’ai pas le choix ».

Anita* est assistante de direction, depuis plus de vingt ans, dans le même organisme. Elle a cinquante ans, elle n’a pas fait d’études et elle a été recrutée par « amitié » de voisinage par le directeur de l’entreprise.

La relation qu’elle entretient avec sa direction est ambigüe : elle est à la fois relation amicale et relation de subordination. Taillable et corvéable, elle est convaincue que les critiques dont elle est abreuvée sont justifiées, et qu’elle a eu son poste par charité.

Elle n’a pas confiance dans ses capacités et n’envisage pas d’aller voir ailleurs, même si elle souffre beaucoup de l’absence de reconnaissance de son directeur et des remarques disqualifiantes dont elle est abreuvée, contrebalancées par des déclarations d’amitié indéfectible. Magnifique double contrainte perverse…

Et pourtant, elle est le pivot de l’organisation, elle maintient active la mémoire de l'entreprise, elle joue le rôle du pompier qui éteint tous les incendies et qui pallie toutes les bévues et étourderies de sa direction. Ses compétences pourraient sans difficulté être transposables ailleurs. Mais victime consentante, dans sa tête « elle n’a pas le choix »…

Dans ce type de contrat triangulaire (le triangle de Karpman) elle est perdante à tous les coups. Mais cependant, elle y trouve son compte. Elle peut se plaindre, tout en restant dans sa zone de confort : pas de prise de risque qui la mettrait en danger, hors de la niche sécurisante qu’elle a construite et où elle s’est lovée.

Je ne pourrais pas exercer mon métier si je n’avais pas la croyance chevillée au corps que le changement est toujours possible. Mais l’expérience m’a aussi appris que pour changer, il faut ou le vouloir - ou y être contraint.

Les bénéfices secondaires d’une situation pénible l'emportent parfois sur les raisons d'en sortir…
Qui peut affirmer que cet état de fait n'est pas justifié par l'écologie énergétique de la personne ?
*Le prénom a été modifié pour des raisons de confidentialité.

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