lundi 24 février 2014

Où allons-nous ?

 
Remue-méninges : quo vadis, Sapiens ?
 
D’après des paléoanthropologues, les choses auraient commencé à mal tourner pour les humains à partir du néolithique, il y a environ 10000 ans.

Les richesses et l’abondance liées au développement de l’agriculture et à l'élevage d'animaux domestiques ont alors amélioré considérablement le niveau et l’espérance de vie, mais ont aussi entraîné les maladies de la civilisation : déséquilibres alimentaires, épidémies, guerres et prédations engendrées par la convoitise pour les biens du voisin, pouvoir de l’oligarchie et des puissants dominant la piétaille, rupture des liens de solidarité et éloignement de l’appartenance  à la nature… Bref, le tout début de ce que nous connaissons aujourd’hui à la puissance mille…

Les cultures amérindiennes, parties d'Asie il y a 13000 ans - avant la révolution néolithique - et parvenues en Amérique du Nord après avoir traversé le détroit de Béring, ont longtemps conservé un rapport au monde fondé sur la participation de l’homme à un tout dont il fait partie, vision systémique avant la lettre. Pour les Navajos, par exemple, le désir excessif de possession est une maladie de l'esprit : ceux qui possèdent trop de richesses sont pointés du doigt et mis au ban de la société car s’ils ont trop, c’est qu’ils ne se préoccupent pas assez de distribuer leur surplus à des proches dans le besoin. De même, les chasseurs ne prélèvent pas leur tribut sur les animaux sans un rituel qui les remette en harmonie avec ce qu’ils appellent « Hozho », la beauté de la relation juste au monde.

Où en est la nôtre aujourd’hui ? Aveuglés par notre toute-puissance, maîtres triomphants du monde et rois du vivant, nous nous sommes radicalement coupés de notre appartenance à la terre et à la biosphère et nous les exploitons comme un bébé qui attend tout de sa mère nourricière, sans limites.

Grisés par l’Hubris, nous ne nous préoccupons pas de ce que nous laisserons à nos descendants car nous sommes persuadés de toujours pouvoir nous rendre maîtres des évènements en inventant des techniques et des ressources nouvelles. 

C'est notre image actuelle du monde. Elle est battue en brèche cependant par la théorie du chaos, pour laquelle les systèmes ouverts loin de l'équilibre comme le nôtre, peuvent être happés par un "attracteur étrange" et échapper à toute prédiction. "Une des caractéristiques de cette théorie, c'est qu'elle est totalement transversale dans tous les domaines scientifiques, que ce soit la physique, l'astronomie, la biologie, l'économie ou les sciences sociales. Partout se trouvent ces systèmes dynamiques trop difficilement prévisibles : croissance ou décroissance de populations animales, répartition de capitaux ou de flux financiers, systèmes stellaires et planétaires." 
La théorie du chaos, Le Figaro

Et nous, et nous ?

Notre petite planète est entourée d'une pellicule très mince de biosphère, cocon qui a permis l’apparition de la vie et son développement, depuis la nuit des temps. Nous détruisons aujourd'hui à tour de bras cet environnement qui nous a donné vie : déchets de notre technologie, pollution de l’atmosphère, encombrement de l’espace avec les débris de satellites, empoisonnement des mers avec les fuites de centrales atomiques, rejets de particules toxiques et marées noires à répétition, épuisement des énergies fossiles qui ont mis des millions d’années à se constituer, extinction de nombreuses espèces végétales et animales…

Il ne s'agit pas de devenir passéistes, les sociétés préhistoriques ne devaient certainement pas être édéniques. Le mythe du bon sauvage a fait son temps, nous ne retournerons pas dans la caverne.

Mais l’état actuel de nos civilisations peut-il vraiment engendrer de l'optimisme ?

Toujours plus de croissance, de biens de consommation inutiles, de gaspillage, de pillage des ressources.

Toujours plus... 
 Pourquoi ? Pour quoi faire ?


Il nous faut d’urgence répondre à cette question qui est au fondement de toute philosophie, amour de la sagesse... 
C'est probablement la clef d'un avenir pour notre espèce.

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