lundi 17 juin 2013

Recrutements en péril



Remue-méninges :  les candidats compétents se font rares.

Alors que le niveau culturel et le fameux QI sont, parait-il, en constante hausse dans nos pays occidentaux, que le taux de réussite au Baccalauréat frôle les 85 % d’une classe d’âge, que les chiffres du chômage battent tous les records, que la formation initiale et la formation continue engloutissent des milliards d’euros, que l’information n’a jamais été aussi accessible, les entreprises peinent à recruter.

Pourquoi ?

Il est d’usage d’accuser l’enseignement, de dire qu’il est coupé de la réalité économique et des besoins des entreprises, de constater que les compétences de base ne sont même pas acquises en fin d’études et que la génération Y est incontrôlable...

C’est certain et il y a beaucoup à faire pour y remédier...
Mais ce n’est qu'un aspect des choses et Janus a deux visages. Certaines entreprises ont aussi leur part de responsabilité. 

Regardons-la en face et rendons à César ce qui lui appartient.
  • SSII stakhanovistes, qui épuisent les informaticiens mis à disposition des entreprises et les nomment élégamment "la viande". La viande se trotte ailleurs et l'informatique est en souffrance…
  • Procédures de recrutement bardées de méfiance à priori envers les candidats (questions "pièges"...), à l’affût du moindre trou dans le CV, valorisant les diplômes de niveau 1, négligeant les autres, exigeant qu’au sortir de ses études, un jeune diplômé soit parfaitement opérationnel et rentable. Les candidats trichent...
  • Valorisation exclusive des études scientifiques et commerciales, mépris installé depuis longtemps pour les filières littéraires et techniques : les métiers sous tension ne trouvent plus de techniciens qualifiés, les littéraires font cruellement défaut au moment où il faudrait utiliser leurs capacités heuristiques et leur culture pour faire face aux formidables défis auxquels nous sommes confrontés aujourd'hui...
  • Professionnalisation et apprentissage ? Trop prenant pour les managers, perte de temps, manque de productivité immédiate. C’est le parcours du combattant pour décrocher un contrat. La relève n’est pas assurée faute de prospective, et lorsque la carence en personnel est là, (à partir de 45 ans, l'obsolescence est programmée), il est trop tard pour y remédier...
  • Méthodes de management axées sur un profit maximum à court terme et faisant fi de la dignité humaine, du besoin élémentaire de reconnaissance, salariés jetables, sans même parler des procédés de disqualification ou de harcèlement… et donc, décompensations à répétition,  coûts des arrêts maladie, réputation abîmée. (L'appeler "Branding" ne change rien à l'affaire).
  • Embauches formatées à l'aune d'une conception tayloriste de l’emploi, recherchant l’adéquation parfaite et immédiate d’un profil à une fonction, en place d'une stratégie qui rende l'entreprise agile et favorise les aptitudes transversales, le fonctionnement en mode projet et le potentiel évolutif des salariés... 

Pour être entendu, il faut savoir écouter.
Pour être aimé, il vaut mieux être aimable.

On n'attrape pas les mouches avec du vinaigre.




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