lundi 8 avril 2013

Ethique, morale, valeurs



Remue-méninges : Les foudres de Zeus.

Zeus ôtait, parait-il, la raison à ceux qu'il voulait perdre.
La folie gagne-t-elle les grands et les puissants de ce monde ? L’actualité nous fournit de nombreuses occasions d’être "sidérés", comme l’étaient les spectateurs des tragédies grecques, saisis, happés, fascinés, par des situations dramatiques et par le spectacle du destin en marche. 

Les mythes et les archétypes resurgissent et prennent corps sous nos yeux effarés. 
La rationalité scientifique triomphante semblait les avoir relégués aux oubliettes. Et les revoilà : Dom Juan, Icare, Hercule et les écuries d'Augias, Midas et son or, Hubris et Némesis...

Ils fleurissent sur le terreau de circuits financiers opaques qui gangrènent tous les domaines. Des pratiques politiques, économiques, religieuses, nous offrent un spectacle hallucinant : corruption, incurie, mensonges, crimes, vols, pollution, pillage des ressources y compris humaines, tricheries décomplexées en tous genres… La maison Monde nous semble fragile, comme dévorée de l’intérieur par des termites. Un rien, un souffle, une pichenette de trop et elle pourrait tomber en poussière. L'accumulation d'affaires douteuses génère désillusion et pessimisme...

L’état de choc et la stupeur qui nous saisissent annihilent toute possibilité de prise de recul, nécessaire à la réflexion, à la compréhension de ce qui arrive.

Sidération, oui… Et sentiment d'impuissance.
L'éthique, la morale, la déontologie, les valeurs, sont au centre de tous les discours. Mais aucun discours ne s’attache, ni à chercher ce que ces notions signifient, ni à les expliciter. Comme si le sens allait de soi, comme si les mots étaient la chose et que les énoncer comme un mantra rendait inutile d'aller plus loin dans la réflexion.

Pourtant c’est certainement à chacun de nous, quelque soit sa situation, de clarifier ce que les mots veulent dire pour lui.

Il est nécessaire, plus que jamais, de comprendre ce qui motive des comportements impensables, parce que nous ne sommes pas seulement spectateurs du drame. Nous sommes aussi partie prenante et acteurs de l'histoire.

Par où commencer cette réflexion ? Peut-être par l'Histoire justement.

C’était il y a très longtemps, à l'origine d'un de nos récits symboliques fondateurs…
Yahvé, le créateur, vient à la rencontre de Moïse, tout en haut du mont Sinaï, et lui donne LA LOI, pour qu'il la transmette.
LA LOI, c’est le concept de l’éthique, à la fois tension vers un idéal d’accomplissement et acceptation de limites à la toute-puissance égocentrée.

Persuadé qu’il peut partager son illumination avec ses compagnons, Moïse redescend de la montagne, heureux d'offrir LA LOI à son peuple, égaré dans le désert.

Il ne remporte pas un franc succès. Sa règle de vie est trop compliquée, un peu fumeuse, indigeste… Pour les Hébreux, mieux vaut adorer Baal, qui est facile d’accès et qui procure, avec le veau d’or, des satisfactions tangibles, comestibles et immédiates. Ils continuent donc à se livrer joyeusement à la gabegie et aux orgies, en tournant le dos avec indifférence, à Moïse et à son cadeau.

Amer, Moïse remonte voir Yahvé pour lui dire son échec et lui demander un autre message, plus prosaïque et plus compréhensible. 

Il reçoit le Décalogue, traduction codifiée et comportementale du concept d’éthique, sous la forme des tables de la loi, gravées dans le marbre. Ce sont les dix commandements qui sous-tendent encore, avec des aménagements liés à l’évolution des sociétés, nos représentations morales.

Dans la période charnière de mutations que nous sommes en train de vivre, en grand danger de perdre tout repère, il est essentiel que chacun d'entre nous se pose des questions de fond :

Qu’est-ce que l’éthique ?
Est-ce la même chose que la morale ?
Que signifie avoir des valeurs ?
Quelles sont celles que je privilégie ?
En quoi ces valeurs déterminent-elles mes choix de vie et mes choix professionnels ?
A quoi dis-je  "oui"  ou "non"  ?

Essayez de donner des réponses à ces questions.
Vous verrez que ce n’est pas facile.

Cependant, le bon fonctionnement de notre boussole, qui oriente nos choix de vie et nos actions, dépend de ces réponses.
C’est cette boussole qui nous évitera de perdre le nord, individuellement et collectivement.


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