vendredi 11 janvier 2013

La simplicité


L’œil de la mouche : le peintre et l'empereur.

Il était une fois un empereur qui aimait la beauté et qui voulait être entouré de perfection.
Il avait entendu parler d'un peintre, dans son royaume, qui avait un grand talent mais qui vivait retiré au fond d'une caverne.
Il voulut le voir et l'ayant vu, il lui passa commande de la plus belle représentation de dragons qui se puisse imaginer. 
Le peintre demanda des matériaux et du temps. Il obtint les deux.

Et le temps passa. 
Beaucoup de temps. 
Des mois et des années.
L'empereur envoya aux nouvelles.
"Pas encore", disait le peintre.
 
Finalement, alors que l'empereur avait presque renoncé à son chef-d’œuvre, le peintre arriva au palais en disant qu'il était prêt.
Il s'enferma dans la chambre de l'empereur et peu de temps après, annonça qu'il avait terminé.
Tout heureux, l'empereur se précipita. (Cela manquait de dignité mais il avait des excuses, il avait attendu longtemps...)

Stupeur : il regarda et regarda encore, n'en croyant pas ses yeux. Sur le mur, il y avait deux lignes affrontées, une jaune et une noire. Et c'était tout.
Furieux envers le peintre, il le fit jeter en prison : "Toutes ces années d'attente pour ça ?"  
Le peintre ne lui dit qu'une chose :
"Sire, avant de me condamner, vous devriez aller dans ma caverne".

Et, dans la caverne, l'empereur découvrit, peints sur les parois de l'entrée, deux dragons, l'un noir et l'autre jaune, criants de réalisme et de beauté, puis deux autres dragons moins réalistes et ainsi de suite, des centaines et des centaines de dragons, de plus en plus stylisés. Enfin, tout au fond de la caverne, il retrouva les deux dragons reproduits dans son palais, réduits à une ligne vibrante d'énergie : l'essence des dragons.
Conte Zen.


C'est ainsi qu'il comprit que rien ne demande plus de travail que la simplicité.

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