dimanche 18 novembre 2012

Le passé décomposé


Remue-méninges : sauvons-lui la vie !

Chaque jour, il est sauvagement attaqué, agressé, molesté, torturé, piétiné, dans l'indifférence générale.
Qui ?
Un mal aimé, le passé composé.

Vous avez sans doute remarqué qu'il a remplacé le passé simple, qui ne s'emploie pratiquement plus qu'à l'Académie française.
Mais les langues sont vivantes, elles vont toujours vers la simplification, c'est donc une évolution normale.
Ce qui l'est moins, en revanche, c'est l'utilisation qui est faite des verbes conjugués en son nom.

Exemple, parmi une kyrielle d'autres, trouvé récemment dans un quotidien en ligne et hebdomadaire papier, qui se proclame fièrement numéro un en France.
Je cite :
"J'ai montrer".  

Quelques astuces de réanimation d'urgence : 
  • Le passé composé indique une action qui est terminée et qui a eu lieu dans le passé.  
  • Il est composé du verbe être ou du verbe avoir au présent de l'indicatif, plus le participe passé du verbe que l'on veut conjuguer : "J'ai mont". 
  • Pour éviter le solécisme (faute de syntaxe) ci-dessus, remplaçons montrer par un autre verbe à l'infinitif.  Est-ce que nous pourrions dire "j'ai faire" ? "J'ai finir" ? Non. Donc, "montré" est le participe passé... du passé composé. 
  • Avec le verbe être, le participe passé s'accorde toujours avec le sujet du verbe : "Elle est éveillée". (Pour trouver qui est le sujet, on pose la question "qui est-ce qui ?" avant le verbe. Qui est éveillée ? Elle, sujet du verbe = éveillée, au féminin singulier. Si elles étaient plusieurs, ce serait "elles sont éveillées") 
  • Avec le verbe avoir le participe passé est invariable :"J'ai montré cette pomme", "elles ont montré cette pomme", sauf si le complément d'objet direct est placé avant le verbe, auquel cas, il s'accorde avec lui : "Cette pomme que j'ai montrée". (Pour trouver le complément d'objet direct, on pose la question "quoi ?" après le verbe. J'ai montré quoi ?  Cette pomme. Pomme = C.O.D.)


Il y a des exceptions qui compliquent un peu la règle, mais restons-en là...

Sans faire d'acharnement thérapeutique, nous pourrions chacun, avec un minimum d'attention et deux questions simples, contribuer à la sauvegarde d'une espèce en danger.

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