dimanche 16 septembre 2012

Qu'est-ce qu'un expert ?


Remue-méninges : le pouvoir du savoir.

Les domaines de connaissance sont aujourd'hui si étendus que leur segmentation est devenue indispensable. Nul ne peut se vanter, comme le faisait Pic de la Mirandole, de tout connaître du savoir de son époque.

Aussi, partout, les "experts" spécialisés fleurissent-ils, chacun sur son champ d'intervention et de maîtrise. Mais suffit-il d'avoir une connaissance pointue sur un sujet pour être expert ?

Le savoir aujourd'hui est à portée de clic. Internet nous offre la bibliothèque d'Alexandrie puissance mille. Encore faut-il savoir, pour y puiser, se poser les bonnes questions, les poser aux moteurs de recherche, naviguer dans une information tentaculaire en sélectionnant les éléments pertinents, relier ces informations entre elles, les analyser et  les synthétiser.

"Quand ils évoquent les mutations toujours plus rapides de notre époque, les médias nous transmettent des parcelles d'information sans lien entre elles, tandis que les experts nous accablent de monographies étroitement spécialisées, et que les pronostiqueurs populaires font état de tendances disparates, sans présenter de modèle général qui permette de les articuler les unes aux autres (...). En conséquence, le changement lui-même finit par apparaître comme un processus anarchique, voire totalement absurde."
Alvin Toffler. Les nouveaux pouvoirs. Fayard.

On doit probablement enseigner ou diffuser de manière classique l'acquisition des compétences de base : lire, écrire, compter, de même qu'un socle de connaissances dans toutes les disciplines. En même temps que des connaissances, les élèves et les étudiants acquièrent une méthode de réflexion. Mais passé ce cap, l'approche devrait radicalement changer.

Internet a modifié fondamentalement la donne de l'apprentissage. La génération dite Y est tombée dedans très tôt. Il ne faut donc pas s'étonner de sa désaffection de l'école et de son besoin d'autonomie. La transmission des connaissances fonctionne encore trop souvent sur le modèle du "sachant", dispensant ce qu'il sait, comme on gave les oies.

Il en va de même pour tous les domaines d'acquisition des savoirs et donc, bien entendu, pour la formation continue et pour le conseil.

Le véritable expert est sans doute, non pas celui qui dispense son expertise de manière didactique, mais celui qui amènera ses interlocuteurs à se poser les bonnes questions et à chercher eux-mêmes les réponses.

Un conseiller qui se pose en expert - celui qui "sait" -, risque bien de ne pas en être un : les trois-quart de ses neurones seront mobilisés à étaler sa science, à asseoir son pouvoir en démontrant son expertise au lieu de mettre en place une méthode socratique, centrée sur l'apprenant. C'est pourtant la seule qui puisse amener son interlocuteur à des découvertes et à un apprentissage dont il sera fier, parce qu'il aura pu se l'approprier.

Rabelais faisait dire à Pantagruel, un grand humaniste, : "Science sans conscience n'est que ruine de l'âme". C'est encore plus vrai aujourd'hui. 

La qualité de l'expertise est étroitement liée aux qualités de l'expert. La culture générale, l'expérience de vie, le degré de développement personnel et les aptitudes relationnelles jouent un rôle important dans la valeur de ce qu'il offre, tout particulièrement dans l'économie de la connaissance.

Apprendre à apprendre, c'est un savoir transversal indispensable, une méta-compétence clé. 

Cette approche demande une grande implication personnelle de l'apprenant.

Elle demande aussi, de la part de l'expert, un bagage de connaissances solides, une bonne dose d'humilité et la capacité de mettre son égo de côté.


2 commentaires:

  1. Pendant votre contrat et avant préavis, les couts pédagogiques de formation (l’inscription) sont pris en charge par l’entreprise (et souvent par l’OPCA de branche) à hauteur des heures que vous avez acquises. (Quelque soit le cout d’une heure de formation) En revanche, la portabilité du DIF (le fait d’emmener vos crédits si vous quittez l’entreprise) valorise chaque heure acquise par 9.15€ quelque soit la formation, quelque soit votre salaire.

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  2. Merci pour ce commentaire et cette précision, peut-être plus adaptée à un billet concernant la formation continue, mais utile à connaître, cependant.
    Les bénéficiaires sont souvent perdus dans le maquis des sigles et celui de l'administratif...

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