vendredi 28 septembre 2012

Qualités, défauts...


Remue-méninges : entretien de recrutement.

On vous a déjà posé ou on vous posera peut-être un jour, cette question qui vous laisse sans voix : "Citez-moi trois qualités et trois défauts".

Que répondre à ça?
"A question sotte, sotte réponse" ? Cette mise en demeure est un véritable non-sens.

Pourquoi ?
Tout d'abord parce qu'une qualité (ou un défaut) n'existe pas en soi. C'est avec un contexte, des personnes ou un objectif que nous entrons ou non en résonance. 
Il ne s'agit pas d'évaluer l'être du candidat mais son adéquation avec un poste et une culture d'entreprise.

Ensuite, parce qu'une personne n'est pas un millefeuille : un couche de qualités, une couche de défauts et ainsi de suite. Et parce que les unes ne vont pas sans les autres. Une personne est un tout qui se construit avec son héritage biologique et en interaction avec son environnement, avec son histoire, avec les évènements heureux ou malheureux qu'elle a vécus, avec ses expériences, ses actions et ses réactions.
(Et pourquoi d'ailleurs trois défauts-qualités et non six ou treize ?)

Mais bon, bref. Le job vous intéresse et il faut faire avec...
Tout d'abord, ne pas se précipiter pour répondre, le petit doigt sur la couture du pantalon, en brave petit soldat.
Mais reformuler la question : "Ce qui vous intéresse, c'est de savoir quelles sont mes aptitudes à assumer les besoins de ce poste, c'est bien ça ?"

Oui, bien entendu. Vous n'êtes pas en train d'enlever vos sept voiles dans une émission de télé réalité.

C'est alors seulement que vous récapitulerez les qualités exigées par la fonction et que vous démontrerez que vous les avez.

Un exemple :
Vous postulez pour un poste de responsable logistique.
Quelles sont les aptitudes exigées par cette fonction?
La capacité à avoir une vision globale de la chaine logistique, à résoudre rapidement des difficultés imprévues et à surfer sur la complexité, à chercher et analyser l'information et à la traiter avec rigueur et méthode, à savoir prendre des décisions rapides, à diriger une équipe et à avoir de bonnes relations avec les clients et les prestataires, à supporter le stress et à anticiper les problèmes en mettant en place une planification et une organisation de qualité, à être autonome.

Par rapport à ces exigences, quelles sont vos qualités ? 
Indiquez-les et PROUVEZ-LES avec des exemples précis de réalisations.

Quels seraient vos défauts par rapport à ce poste ? 
Si vous êtes-là, face au recruteur, c'est que vous n'en avez aucun qui soit rédhibitoire pour exercer la fonction : brouillon, distrait, ou plus à l'aise avec la routine qu'avec les bugs, ou soupe au lait et peu patient, ou encore brouillé avec les bases de données...

Mais il faut tout de même parler de vos défauts, ça fait partie du rituel initiatique.

Alors, allons-y.
"Je suis très autonome. J'ai besoin qu'on définisse clairement une mission et les objectifs à atteindre, puis qu'on me laisse m'organiser.
J'ai du mal à supporter des contrôles tatillons et j'aime,  pour donner le meilleur de moi-même, qu'on me fasse confiance. Autrement dit, un management trop directif ne me permettrait pas d'atteindre l'excellence. 
Est-ce le cas chez vous ?"

Il y a fort à parier que non ! Et si c'était le cas, il faudrait aller voir ailleurs : vous choisissez l'entreprise autant qu'elle vous choisit, si vous voulez que le mariage dure et si vous ne voulez pas  vous retrouver avec des méninges  carbonisées au bout de quelques mois. ("Carboniser" me plait beaucoup plus que "burnout" et c'est tendance, c'est made in France.)

Et il y a aussi fort à parier qu'on ne vous posera jamais cette question si vous savez vous présenter d'emblée et parler de vous...

Inspirons-nous de Sun Tzu 
(l'art de la guerre) : 

"Connais ton ennemi et connais-toi toi-même et, en cent batailles, tu ne connaîtras jamais la défaite"

Sur le même thème



2 commentaires:

  1. parler de ses points forts et ses défauts durant un entretien d'embauche est un critère essentiel pour pouvoir circonscrire la personne au poste demandé d'une part. Pour savoir si la personne se connait, d'autre part et votre dicton de la fin résume ma pensée. Moi je le paraphrase comme suit:"connais-toi toi-même et, en cent postes, tu ne connaîtras jamais l'échec"

    RépondreSupprimer
  2. Merci de ce commentaire. Oui il est essentiel de savoir parler de soi. Il faut cependant remarquer que cette capacité n'est enseignée nulle part en France, ce qui est tout de même bien curieux au pays des humanités...

    RépondreSupprimer