lundi 4 juin 2012

Changement de niveau 1, changement de niveau 2


Remue-méninges. Les paradoxes du changement

P.Watzlawick. Changements. Points essais.


"Lorsqu'en 1334, la duchesse du Tyrol, Margareta Maultasch, encercla le chateau d'Hochosterwitz, dans la province de Carinthie, elle savait trop bien que la forteresse, juchée au sommet d'un rocher incroyablement escarpé, dominant la vallée d'une grande hauteur, résisterait à toute attaque de front et ne serait prise que par un long siège. 

A la longue, la situation des assiégés se fit effectivement intenable : ils étaient réduits à leur dernier bœuf et à deux sacs d'orge. Mais la situation de Margareta devenait également critique, pour d'autres raisons : ses troupes commençaient à s'agiter, le siège semblait devoir durer une éternité, et d'autres expéditions armées se faisaient tout aussi urgentes. 

C'est alors que le commandant de la forteresse se résolut à une action désespérée qui dut passer pour de la pure folie auprès de ses hommes : il fit abattre le dernier bœuf, remplir sa cavité abdominale des deux derniers sacs d'orge, et ordonna que la carcasse fût ainsi jetée du haut du rocher dans un champ devant le camp de l'ennemi. Lorsqu'elle reçut ce message méprisant, la duchesse, découragée, leva le siège et partit".

Cet exemple illustre le problème du changement et "la question de la permanence et du changement dans les affaires humaines. Plus précisément, il examine la façon dont les problèmes sont créés, puis persistent dans certains cas, ou qu'ils sont résolus dans d'autres. Et surtout, il s'agit de voir comment le bon sens et la "logique" conduisent souvent à l'échec - ce qui semble paradoxal -, tandis qu'un comportement "illogique" et "déraisonnable" comme celui des assiégés d'Hochosterwitz, produit le changement recherché".

Pourquoi ? 
"Le problème, c'est la solution". 

Faire "plus de la même chose" quand on rencontre une difficulté, ne résout pas la difficulté : cette attitude maintient l'acteur dans le même cadre. Il aménage les choses à l'intérieur du système mais la logique du problème reste inchangée. 
Changer les meubles et les rideaux rafraîchit la maison, ce peut être temporairement satisfaisant, mais c'est toujours la même maison...

Par exemple : s'acharner à bombarder les entreprises de candidatures, à raison de plusieurs centaines d'envois, en modelant à chaque fois sa lettre de motivation et son CV sur l'annonce ou les caractéristiques de  l'entreprise. Et recevoir, pour sa peine, plusieurs centaines de réponses négatives. 
Ce faisant, nous n'avons opéré qu'un changement de niveau 1. Nous sommes restés à l'intérieur du système. Et nous tournons en rond dans le problème !

Ou bien inventer autre chose comme ce candidat marketing et commercial, qui a organisé un salon de recrutement pour présenter sa candidature à des employeurs potentiels et qui a obtenu un franc succès, ou comme celui qui a monté une campagne de publicité sur des bus en affichant son profil, ou comme cette jeune femme spécialiste en organisation évènementielle, qui a créé un CD vivant et animé et qui a, ainsi, capté l'attention de recruteurs... 
Ce sont des changements de niveau 2, ces candidats ont changé les données du système : au lieu de faire "plus de la même chose", ils ont fait "autre chose" (mais il n'est pas nécessaire que cet autre chose soit aussi onéreux, il suffit parfois de penser autrement.)

Le changement de niveau 2 ne s'improvise pas, il demande une analyse de la situation et des actions menées jusque-là, une réflexion sur ses objectifs et ses atouts, une stratégie, un argumentaire soigneusement mis au point, de la prospective, beaucoup d'imagination et... un changement d'optique.


Difficile de le faire seul,
 car on ne se voit pas soi-même !

 Un bilan de compétences peut y aider.


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