lundi 28 mai 2012

Licenciement et harcèlement


Remue-méninges. Les  salariés Kleenex, ça suffit !

J'ai rencontré, cette semaine, une femme désespérée.

54 ans, Française d'origine algérienne, courageuse et déterminée, elle  a entrepris, il y a quelques années, de compléter sa formation initiale par un Master 1 et un Master 2 en RH, qu'elle a obtenus, tout en travaillant.

Elle est chargée de formation, depuis longtemps, pour une grosse PME.

Avec un bon niveau de réflexion et un sens du devoir très (ou trop ?) développé, elle a donné tout ce qu'elle pouvait donner en temps et en énergie, bien qu'elle soit payée 500 € de moins que des nouvelles salariées, loin d'être aussi compétentes et diplômées qu'elle. 

Elle pensait que son investissement et son professionnalisme finiraient par être reconnus. Son travail est toute sa vie.

Depuis six mois, elle est placardisée, ostracisée, ses missions lui sont retirées une à une, elle découvre peu à peu que tout le service est monté contre elle par la responsable qui l'a choisie comme victime. Et pour finir, on lui a enlevé son ordinateur, sans explication, ni réponse à ses questions.

Cet enfer vient de se terminer par l'annonce de son licenciement économique (comme elle est irréprochable dans son travail, un licenciement pour faute n'a pas été possible).

Lors de l'entretien de licenciement, sa responsable lui a suggéré de "retourner travailler chez elle". Elle vit et travaille en  France depuis trente ans...

Le sentiment de sa valeur est anéanti, elle se sent niée, elle n'a même plus l'énergie de la colère, elle ne peut plus que pleurer.

Elle aurait du, bien sûr, anticiper ce licenciement et se donner les moyens d'une alternative. 
Peu de salariés menacés le font et nous rencontrons trop souvent, hélas, des personnes qui ont attendu le dernier moment pour entreprendre un bilan de compétences, qui ont enfoui leur tête dans le sable face au danger, en espérant passer au travers. 

Cette démarche aurait pu pourtant les aider dans une reconversion ou une mobilité choisies et leur éviter un effondrement. (Le FONGECIF recommande un bilan de compétences, avec un centre agréé, aux salariés en danger dans leur entreprise et qui souhaitent se repositionner en externe).

Une entreprise, en butte à des difficultés économiques, peut être  obligée de licencier, mais  le salarié dont on se sépare a droit à la dignité. 


Comment les responsables qui humilient et disqualifient cette femme peuvent-ils se regarder dans leur miroir le matin ? 

Qui leur a donné un permis de tuer en toute impunité ? 

Il y a des mots et des comportements qui blessent aussi sûrement qu'une balle.

Si vous êtes dans cette situation, n'attendez pas le dernier moment, anticipez!

2 commentaires:

  1. Les victimes d'intimidation ou de harcèlement psychologique espèrent que la situation se renverse car elles ne croient pas que les gens "les agresseurs" peuvent être si méchants, si mesquins,....des "tueurs" comme vous le dites!
    On se lève un bon matin, épuisé comme à tous les matins depuis ces évènements...et il est trop tard,le réveil est brutal, l'alarme est sonnée...on perd son emploi et on doit recommencer sa vie! Le succès: Être résilient en se disant:"ce qui vient d'arriver est une bonne chose, car cet employeur ne me méritait pas et quelque chose de mieux m'attend!"

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  2. Étant conseillère bilan moi-même, je rencontre souvent ce type de problématique... Pour changer, ce n'est pas si facile comme le signale le commentaire précédent : beaucoup de personnes ne le font que si elles y sont contraintes, d'autant plus que le contexte de l'emploi n'est pas des plus favorables en ce moment, surtout pour les personnes de plus de 50 ans, ce qui est le cas dans l'exemple donné. Quant à la résilience dont parle la commentatrice précédente, facile à dire d'un point de vue théorique !

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