lundi 12 décembre 2011

Ds femmes et des gorilles..




L’œil de la mouche : élargir notre vision, à 360°.

Préjugés

Gustave Le Bon, savant reconnu de l’école de Broca publie en 1879, dans une revue très réputée, (la revue anthropologique française) le texte suivant, qui reflète une opinion partagée par une grande partie de la communauté scientifique du temps.

C’était la vision du monde de l’époque, il n’y a pas si longtemps…

« Dans les races les plus intelligentes, comme les Parisiens, il y a une notable proportion de la population féminine dont les cranes se rapprochent plus par le volume de ceux des gorilles que des crânes de sexe masculins les plus développés (…).

Cette infériorité est trop évidente pour être contestée un instant et on ne peut guère discuter que sur son degré. Tous les psychologistes, qui ont étudié l’intelligence des femmes ailleurs que chez les romanciers ou les poètes, reconnaissent aujourd’hui qu’elles représentent les formes les plus inférieures de l’intelligence humaine et sont beaucoup plus près des enfants et des sauvages que de l’homme adulte civilisé. Elles ont des  premiers la mobilité, et l’inconstance, l’absence de réflexion et de logique, l’incapacité à raisonner ou à se laisser influencer par un raisonnement, l’imprévoyance et l’habitude de n’avoir que l’instinct du moment pour guide (…)

On ne saurait nier, sans doute, qu’il existe des femmes fort distinguées, très supérieures à la moyenne des hommes, mais ce sont là des cas aussi exceptionnels que la naissance d’une monstruosité quelconque, telle par exemple qu’un gorille à deux têtes, et par conséquent négligeables entièrement. »
(Stephen Jay Gould. Le pouce du Panda (Poche. Biblio. Essais)

Cette opinion pourrait nous faire rire, si ce n’était pas si triste, ou nous indigner si ce n’était pas si sot.

Mais elle pourrait aussi nous inciter à une grande modestie. Chaque époque voit le monde et l’interprète, de bonne foi,  à travers le filtre de son bagage de connaissances et celui de sa représentation du monde.


Qui sait si dans d’autres domaines, nous n’énonçons pas

aujourd’hui, sous forme de certitudes, 

des opinions qui paraîtront monstrueuses 

dans cent ans ?

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