mercredi 4 avril 2012

La relation équitable


            Maat : déesse égyptienne de l'équité, de l'équilibre et de la justice


Remue-méninges : la théorie des jeux.

Quand est-il opportun et pertinent de coopérer ? De jouer "cavalier seul" en tirant son épingle du jeu ? Comment décider entre les deux ?

Si nous sommes intimement persuadés que l’homme est un loup pour l’homme, nous n’aurons pas d’états d’âme et la décision sera simple : nous jouerons toujours « cavalier seul » et nous pourrons, soit nous retrouver richissime et puissant, soit nous retirer sur une île déserte… (Ou bien les deux, pourquoi pas ?)

Si nous sommes adeptes de la non-violence et de la charité, nous jouerons toujours « coopérer » et le Paradis sera notre récompense… (Mais peut-être pas dans ce monde ci.)

La décision devient difficile à prendre si nous n’avons pas d’opinion tranchée : nous n’aimons pas trop nous faire marcher sur les pieds, mais nous sommes compréhensifs et tolérants. Nous pensons que les personnes malveillantes ou égoïstes ont des comportements toxiques, mais les conflits nous semblent stériles. Nous ne sommes pas rancuniers, mais nous ne sommes ni Gandhi, ni Mère Thérésa et notre patience a des limites…

Donc, que faire pour instaurer et maintenir des relations équitables ?

David Axelrod, professeur de Sciences politiques, a modélisé la théorie des jeux d'Oskar Morgenstern et John Von-Neumann, en organisant un tournoi informatique. Le but de ce tournoi était de faire émerger la stratégie d’interaction la plus performante, gagnante sur la durée.

Nous passerons sur les démonstrations mathématiques, sur la théorie, et même sur le dilemme du prisonnier qui sous-tend le tournoi.
Si vous voulez creuser la question, c’est Ici, et Ici

Et nous irons directement aux conclusions de ce tournoi :

La meilleure stratégie, celle qui permet d’établir une relation, profitable sur la durée, pour tous les acteurs, celle qui l’a emporté, à plusieurs reprises, à la grande surprise de tous les théoriciens, est la suivante :
  • Commencez toujours par coopérer, par vous montrer « bienveillant ».
  • Puis observez ce que fait votre partenaire et reproduisez son comportement.
  • Si, en réponse à votre bienveillance, il joue lui aussi « bienveillant », une relation stable pourra s’installer.
  • S’il joue « cavalier seul » (s'il ne pense qu'à son propre intérêt), faites-en autant.
  • S’il joue « cavalier seul », puis qu’au bout de quelques interactions, il a compris que ce n’était pas son intérêt et joue « bienveillant », pardonnez ses défections et instaurez la réciprocité.
  • S’il continue à jouer « cavalier seul », allez voir ailleurs si l’herbe n’est pas plus verte

Quelques principes de base :
  • Ne pas être trop malin : n’essayez pas d’anticiper et de comprendre les raisons du comportement des autres. Il vaut mieux avoir un comportement clair et immédiatement compréhensible, donc prévisible.
  • Ne pas être le premier à faire "cavalier seul" : il est payant de coopérer tant que l’autre joueur en fait autant, à condition que votre partenaire et vous soyez engagés dans une relation appelée à être durable.
  • Penser sur le long terme : jouer "cavalier seul" peut être profitable au début mais c’est une stratégie qui finit par scier la branche sur laquelle on est installé.
  • Pratiquer la réciprocité dans la coopération comme dans la défection : la règle stricte est la plus performante.

C’est simple et ça marche…

Essayez !

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