dimanche 28 août 2016

L'homme augmenté




L’ingénu en Gaule : intelligence artificielle, transhumanisme et réalité augmentée


« Pour rien au monde je ne voudrais appartenir à un club qui m’accepterait pour membre. »
(Groucho Marx)


Le jour où un robot sera capable de produire ce genre d'ironie  paradoxale et qu'il saura en rire, il faudra commencer à s’inquiéter pour de bon.

Cela signifiera qu’outre la rationalité et la capacité à « computer », il peut se poser des questions existentielles et avoir le vertige devant l’inconnu, qu'il a un inconscient, de l’humour, de l’intuition, de l’empathie, des émotions et peut-être des passions, des failles aussi et en tous cas l’imagination d’un poète. 

Ce n’est pas pour demain…

Inutile de vouloir travailler à « augmenter » l’homme.
Mieux vaut travailler d’arrache-pied à l'humaniser.


lundi 15 août 2016

Silence, vacances




L’œil de la mouche : la vertu du vide



Un livre magnifique...
« L’objet que se donne la peinture chinoise est de créer un microcosme, « plus vrai que la Nature elle-même » : ceci ne s’obtient qu’en restituant les souffles vitaux qui animent l’Univers; aussi le peintre cherche-t-il à capter les lignes internes des choses et à fixer les relations qu’elles entretiennent entre elles, d’où l’importance du trait. Mais ces lignes de force ne peuvent s’incarner que sur un fond qui est le Vide. Il faut donc réaliser le Vide sur la toile, entre les éléments et dans le trait même. »

François Cheng, écrivain franco-chinois, poète, calligraphe, romancier et académicien.


...........................


C’est l’espace entre les mots et les lignes qui crée le sens de la phrase.

C’est le blanc dans l’image qui permet à la forme d'émerger.

C’est le silence entre les notes qui structure la mélodie.

C’est l'écoute de ce qui n’est pas dit qui crée la compréhension.

C’est la pause intérieure qui ouvre la parole vraie.

C’est l’espace de respect entre les personnes qui conditionne la liberté.


...........................


samedi 30 juillet 2016

Le faiseur de pluie




L’œil de la mouche : rechercher l'harmonie

Cette histoire est issue d'un fait réel. Le psychiatre Carl Gustav Jung avait demandé à ses élèves de commencer toutes leurs conférences par celle-ci. Richard Wilhelm, dont il est question, est un sinologue, ami de Jung.

« Il y eut une grande sécheresse dans la ville où Richard Wilhelm séjournait. Pendant des mois, il ne tomba pas une goutte de pluie et la situation devint catastrophique. Les catholiques firent des processions, les protestants firent des prières, et les chinois brûlèrent des bâtons d’encens et tirèrent des coups de fusil pour effrayer les démons de la sécheresse. Finalement, les chinois se dirent : « Allons chercher le faiseur de pluie », et celui-ci vint de l’une des provinces.

C’était un vieil homme émacié. Il dit que la seule chose qu’il souhaitait était qu’on mette à disposition une petite maison tranquille, et il s’y enferma pendant trois jours. Le quatrième jour, des nuages s’amoncelèrent, et il se produisit une forte chute de neige, à une époque de l’année où aucune neige n’était prévisible, et en quantité inhabituelle. Tant de rumeurs circulèrent au sujet de cet extraordinaire faiseur de pluie que Wilhelm alla voir l’homme, et lui demanda comment il avait fait.

En vrai européen, il dit : « Ils vous appellent le faiseur de pluie, pouvez-vous me dire comment vous avez produit de la neige ? Le petit chinois répondit : je n’ai pas fait la neige, je n’en suis pas responsable. »

« -Mais qu’avez-vous fait durant les trois jours ? »

« - Oh, cela, je puis vous l’expliquer. C’est simple. Je viens d’un pays où les choses sont ce qu’elles doivent être. Ici les choses ne sont pas dans l’ordre ; elles ne sont pas comme elles devraient être d’après l’ordre céleste, aussi le pays tout entier est-il hors du Tao. Je n’étais pas non plus dans l’ordre naturel des choses, parce que j’étais dans un pays qui n’était pas dans l’ordre. Aussi la seule chose que j’avais à faire était d’attendre trois jours jusqu’à ce que je me retrouve en Tao, et alors, naturellement, le Tao fit la neige. »


lundi 18 juillet 2016

Catastrophe au royaume des taupes





 L'ingénu en Gaule : un peu de sémiologie politique.



Une déclaration péremptoire du ministre de la Justice
« Quand on est ministre, on parle au présent, on agit, on ne pense pas au futur ».

« On ne pense pas au futur ».
Comme la taupe, qui creuse devant elle sans voir plus loin que le bout de son nez.

........
Nous sommes en guerre, disent-ils...

Pour prévenir les guerres et leurs cortèges de malheurs, la technologie ne suffit pas, il faut y adjoindre l'imagination, l'anticipation et la réflexion.

  Penser au futur c'est « pré-voir », même l'imprévisible et l'improbable.

Penser au futur, c'est connaître son ennemi
 et se connaître soi-même, pour anticiper et éviter la boucle infernale de la violence mimétique.

Penser au futur, ce n'est pas jouer les matamores sur la scène internationale sous la bannière de l'axe du Bien ou celle des richesses à piller.

Penser au futur, ce n'est pas vendre des armes à tous les allumés de la terre pour engranger un point de PIB.

Penser au futur, ce n'est pas fêter le 14 juillet, fête de la liberté, en défilant derrière des tanks et des machines à tuer.
 
Penser au futur, c'est travailler à transmettre, à tous nos enfants, la force des symboles qui nous relient les uns aux autres.
........

 « Celui qui excelle à résoudre les difficultés, le fait avant qu'elles ne surviennent ».
Sun tzu.
L'art de la guerre.