lundi 8 janvier 2018

La recette du succès





L’œil de la mouche : comment doper votre business.



Si votre ambition est de générer des « likes » ou des commentaires sur les réseaux sociaux pour doper votre business et devenir un influenceur, il existe une recette infaillible. Pour la découvrir, vous pouvez vous promener sur le fil d’actualité de votre réseau préféré, vous la verrez à l’œuvre, elle a beaucoup de succès. Mais pour vous faire gagner du temps, je vous l'offre gratuitement, en cadeau de nouvel an.

  • Choisissez une anecdote sur un thème qui éveille le cerveau limbique, centre des émotions. (Peur, désir, envie, besoin de reconnaissance ou d'appartenance...) Prenez position pour ou contre le sujet, peu importe, l'essentiel est d'induire des réactions. Plus il sera « clivant », plus il génèrera de polémiques, mieux ce sera.
  • Peu importe également que votre anecdote soit réelle ou imaginaire, exprimez votre émotion et faites appel à celle de vos lecteurs : par exemple, en fonction de ce que vous voulez vendre (y compris les recettes pour vendre), insurgez-vous contre le comportement scandaleux des recruteurs ou contre celui des candidats, ou encore, jouez sur la peur de l’intelligence artificielle ou sur les bienfaits attendus des robots, ou pointez les pathologies du management, ou dénoncez les nuisances de trolls mal embouchés, ou tablez sur l'anxiété des chômeurs...
  • Ensuite, alimentez la discussion avec des opinions tranchées, en attisant le feu. Ne perdez pas votre objectif de vue, vous n’avez absolument pas besoin d’être sincère ni de faire appel à la réflexion, c'est la réaction clanique instinctive que vous visez.
  • Premier bénéfice : les commentaires affluent, haro sur l’ennemi ou identification au problème soulevé. « Tous ensemble, tous ensemble », c'est un besoin fondamental, vieux comme le monde et ça fonctionne encore mieux avec la dénonciation des fauteurs de troubles ou des maux de la société.
  • Deuxième bénéfice : vous pouvez ensuite sur cette base de données de prospects émotionnellement impliqués, lancer des invitations qui gonflent votre carnet d’adresse et améliorent votre « personal branding », pour arriver rapidement à plus de 10000 « followers ». Bénéfice annexe : si vous êtes populaire, devenu influenceur, vous allez également intéresser des sponsors.
  • Et enfin, une fois les contacts noués, vous proposez vos services qui ont des chances d’être acceptés, puisque votre proposition ne sera pas anonyme et que vos clients potentiels seront déjà engagés dans une relation avec vous. 

Et ça marche...
C'est du "social selling"
 et c'est très efficace
 pour utiliser et plumer
 ceux qui tombent dans le panneau
......................
 si vous parvenez à être cynique
 et si, pour vous, la fin justifie les moyens.


 C.q.f.d.




lundi 1 janvier 2018

A tous les enfants de la Terre...




À tous ceux que je connais

À ceux que je ne verrai jamais

À ceux qui pleurent et à ceux qui sont heureux

À ceux qui décident et à ceux qui ne comptent pas




À ceux qui cherchent leur chemin et à ceux qui l’ont trouvé
          
À tous les enfants de la Terre
Je souhaite la paix, la joie, l’espoir
 et une belle et heureuse année





mardi 19 décembre 2017

On ne devrait plus dire ça...


L’ingénu en Gaulle
Les chats sont-ils toujours des chats ?



On ne dit plus : « Je suis un sagouin en rut ».
On dit : « Je suis tactile ».

On ne dit plus : « Achetez ».
On dit : « Optimisez votre expérience client ».

On ne dit plus : « J'ai piscine ».
On dit : « J'ai un déplacement autonome dans un milieu aquatique profond standardisé ».

On ne dit plus : « Arriviste ».
 On dit : « Bête politique ».

On ne dit plus : « Éboueur ».
On dit : « Technicien de surface ».

On ne dit plus : « Courir ».
On dit : « Créer de la vitesse ».

On ne dit plus : « Enfumage ».
On dit : « Social selling ».

On ne dit plus : « Subordonné ».
On dit : « Collaborateur ».

On ne dit plus : « Un stylo ».
On dit : « L’outil scripteur ».
 
On ne dit plus : « Robot-crétin ».
On dit : « Intelligence artificielle ».

................................

Vous en connaissez d’autres ?



lundi 11 décembre 2017

Le marketing émotionnel




L’œil de la mouche : la contagion des émotions


Puisque la vogue des anglicismes envahit le champ sémantique des réseaux et des médias, parlons de ceux-ci : « Social selling », « Personal branding »... Ajoutons-y « Soul baring ». (Traduction : mise à nu de son âme.)

Autrement dit, parler de soi, se dévoiler ou faire semblant de le faire, se mettre en scène, peaufiner son avatar, l’enjoliver, appeler une adhésion, de préférence dans le registre des émotions. Ce registre génère inévitablement le résultat souhaité de contagion, de commentaires mimétiques, de « likes » et, bien sûr, de business rentable, à base de marketing émotionnel, nouvelle lampe d'Aladin...

L’émergence de cette tendance au déversement d'émotions, qui tend à devenir un diktat, est sans doute une réaction aux excès de rationalité algorithmique, tout comme le romantisme a pris le contrepied de l’ironie voltairienne et du culte de la déesse Raison.

Elle risque pourtant de nous faire passer à côté de l’essentiel, car l’émotion brute a besoin d’être filtrée par le tamis de la conscience réfléchie et validée par une échelle de valeurs, pour que nous partagions vraiment ce qui nous relie, notre commune humanité.

A défaut, elle n’est que passage à l’acte instinctif, exclusion plus qu’inclusion, idolâtrie plus que respect, bavardage plus que choix réfléchi, identification narcissique plus que sensibilité empathique et, en mettant les choses au pire, manipulation par d’habiles communicants, pas vraiment bien intentionnés, qui savent appuyer sur les bons boutons… 

De l'importance d'être vigilants et de ne pas confondre
 sensibilité et sensiblerie