lundi 20 février 2017

Décrypter les offres d'emploi




L’œil de la mouche : dits et non-dits


Si vous êtes en recherche d’emploi, vous avez sûrement lu, avant de vous lancer, des conseils éclairés sur l’art et la manière de « décrypter » des offres afin de postuler intelligemment, sans jeter des centaines de bouteilles à la mer, au petit bonheur la chance.

Ces conseils sont très pertinents et pleins de bon sens. Cependant, ils partent du principe que l’entreprise sait parfaitement ce qu’elle cherche et surtout, qu’elle énonce très clairement ce qu’elle veut.

Si c'était exact, nul n'aurait besoin de « décrypter ».

En effet, « décrypter » est un mot que la presse a mis à la mode, souvent utilisé à tort pour « analyser ». Or, pour le Larousse, il s'agit de « retrouver le sens clair d'un message chiffré en écriture secrète, sans connaître la clef ayant servi à le transcrire, ou encore, rendre intelligible un texte obscur, l'élucider. »

La crypte, (qui vient du latin crypta et du grec ancien kruptos, signifiant caché) était, à l'origine, une grotte sacrée taillée dans le roc pour cacher les tombeaux des premiers martyrs, grotte au dessus de laquelle les chrétiens ont élevé, plus tard, sanctuaires et chapelles.

Donc, décrypter une annonce d'emploi, c'est essayer de savoir s’il n’y a pas de tombe souterraine cachée sous la description de poste, squelette de martyr inclus...

Il arrive que ce soit le cas.


Quelques exemples

L'offre : « Vous êtes un professionnel confirmé, avec une expérience d’au moins dix ans dans le développement commercial de grands comptes et une bonne connaissance des acteurs de notre secteur d'activité. »
Décryptage : « Vous serez accueilli à bras ouverts si vous pouvez nous apporter un carnet d’adresses, un portefeuille de clients et un fichier de prospects qualifiés. »


L'offre : « Assistante de direction expérimentée, vous avez un sens aigu de l’organisation, vous êtes réactive et très diplomate. Votre tâche principale sera de gérer efficacement courriers, mails, dossiers et agendas. »
Décryptage : « Vous aurez à seconder quelqu'un qui génère un épouvantable bazar, qui égare ses dossiers et qui oublie ses rendez-vous. Imprévisible et susceptible, il change d’avis comme de chemise. »


L'offre : « Ce poste d’adjoint de direction demande de fortes capacités relationnelles, de la souplesse et le sens de la médiation. »
Décryptage : « Le directeur est caractériel et il a déjà usé trois adjoints. »


L'offre : « Identifié haut potentiel, créatif et innovant, vous savez vous adapter aux exigences structurelles et fonctionnelles de l'entreprise. »
Décryptage : « Nous recherchons un surdoué conformiste. »


L'offre : « Passionné par la communication, vous êtes polyvalent et persévérant. Autonome, très investi dans votre mission, vous avez le sens du service et celui des responsabilités. »
Décryptage : « Vous qui entrez ici, perdez tout espérance de vie privée. C’est un job exigeant (48 heures payées 35). »


L'offre : « Pour ce poste de chef d’équipe en milieu industriel, vous avez déjà démontré des qualités de leadership, une forte aptitude à l’encadrement et à la résolution de problèmes. »
Décryptage : « Restructuration et plans sociaux en vue. »



Développer son esprit critique, compétence essentielle...






lundi 13 février 2017

Pouce !




L'ingénu en Gaule : du bienfait des pauses


Bousculée, un peu submergée et sidérée
 par les événements chaotiques qui font tomber, comme des quilles, les égos en inflation
 ou qui portent, ici et là, les Pères Ubu au pouvoir.

Bouleversée par les photos et les articles insupportables sur des enfants maltraités.

Lassée par le mélange ahurissant de nouvelles des célébrités,
 de violence omniprésente et banalisée, 
de faits divers sans intérêt,
de publicités intrusives, d'incitations à consommer,
 de voyeurisme indécent
 et de géopolitique en crise.

Je quitte la toile une semaine
pour écouter pousser les pierres...


 Je vous souhaite d’en faire autant !




lundi 6 février 2017

CV, motivations... Assez !



Ceci n'est pas une lettre de motivation



L’œil de la mouche : "Non, merci", billet d'humeur...


Depuis janvier 2013, date à laquelle j'ai publié ce billet sur les galères subies par les personnes que j'accompagnais dans leur évolution professionnelle, rien n'a changé. Toujours pas d'embauches et toujours les mêmes rengaines sur ce que "doivent" être un CV et une lettre de motivation : conformisme, mots-clés à l'attention des robots crétins, réduction du parcours professionnel à l'état de squelette (réduction supposée traduire des capacités de synthèse), formatage et pas plus d'une page, s'il vous plaît, les recruteurs n'ont pas que ça à faire, ils ne peuvent consacrer que 10 secondes au résumé de votre vie...

Donc, si vous en avez assez d'être un "demandeur d'emploi" sans emploi, ce billet est toujours d'actualité. Vous pouvez vous en inspirer pour vous défouler. Cela ne vous vaudra peut-être pas de contrat de travail, mais si l'exercice vous amuse, par les temps qui courent, c'est toujours ça de gagné.

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Excédés par les réponses négatives stéréotypées à vos candidatures, vous avez peut-être, un jour ou l'autre, eu envie d'envoyer, en réponse à une annonce, une lettre de ce genre :

"Madame, (ou Monsieur)

je ne suis pas du tout intéressé par l'annonce que vous publiez ce jour dans "le petit Bassignacois", pour proposer un poste de chargé de recouvrement à Limoges.

Je tiens particulièrement à vous en donner les raisons, afin qu'il n'y ait pas de malentendu entre nous.
  • Je n'ai pas le goût du malheur : j'habite en Corrèze et je ne suis pas motorisé. Je ne trouverais pas raisonnable de me lever à trois heures du matin et de traverser le département à vélo pour venir chez vous, harceler des malheureux qui ne peuvent pas payer leurs factures et qui ne m'ont rien fait.
  • Je ne suis pas altruiste : je n'ai aucune envie de contribuer au développement de votre entreprise. Une rapide recherche sur Facebook m'a permis de constater que votre PDG a participé lundi de cette semaine à un tournoi de golf et jeudi à la réunion mensuelle d'un club de dirigeants d'entreprise. Il semble s'occuper très bien de sa carrière et je ne vois pas pourquoi vous me demandez de l'aider.
  • Je ne suis pas ambitieux : je me lève tôt pour entendre chanter le merle, je bine les épinards de mon potager, je ramasse les œufs de mes poules et, le reste de la journée, j'écris des chansons. Je n'ai pas besoin du salaire mirobolant de 1400 euros que vous me proposez, je ne saurais qu'en faire.
Je suis au regret de décliner votre proposition malgré les avantages nombreux que vous soulignez, mais je conserve vos coordonnées et je suivrai, avec grand intérêt, la progression de vos entreprises. 

Je reste cependant ouvert, dans un rayon d'un kilomètre autour de Bassignac-le-Haut, à toute offre d'emploi en rapport avec les merles, les poules, les épinards et les chansons et vous prie de croire, Madame, (ou Monsieur) à l'assurance de toute ma considération".

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Rendons à César ce qui est à César : cette lettre s'inspire du millier de lettres "non-motivées" de Julien Prévieux, écrites en l'an 2000, déjà...

Apprendre à dire "non" avec ironie lui a permis de trouver sa voie.

 
Son histoire, c'est ici